NOUVELLES

JO-2012 - Mo Farah, la Grande-Bretagne au coeur, l'Afrique dans le sang

10/08/2012 12:12 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

Mo Farah, né en Somalie mais élevé en Angleterre alors que son pays était ravagé par la guerre civile, sait qu'il doit tout au pays de l'Union Jack, et c'est porté par tout un stade et deux pays qu'il a pu réaliser le doublé 5000-10.000 m chez lui, aux JO de Londres.

Une fois en ouverture, une deuxième et dernière en clôture: la programmation des jeux Olympiques a traduit à elle seule l'amour que la Grande-Bretagne porte à son prodige du demi-fond.

Son triomphe sur le 10.000 m samedi dernier est venu mettre la dernière étincelle à une soirée déjà flamboyante pour l'athlétisme britannique avec les succès de Jessica Ennis à l'heptathlon et de Greg Rutherford à la longueur, en quelques minutes.

Et son deuxième sacre sur le 5000 lors de la dernière journée d'athlétisme au Stade olympique permet à la délégation britannique de cacher un bilan décevant sur la piste et dans les sautoirs, avec, pour le moment, six médailles au lieu des huit espérées.

Arrivé avec sa famille en 1993 à 10 ans, Farah sait ce qu'il doit à son pays d'adoption qui, à son tour, l'a donc adopté.

Il y a quelques années, en 2007, Farah était retourné dans sa première école pour se souvenir. "Tout m'est revenu, racontait-il alors. Je ne parlais pas un mot d'anglais, je me conduisais mal pour qu'on fasse attention à moi. Le premier jour, il y a eu une bagarre, je me suis défendu. On ne m'a plus brutalisé".

Depuis Farah s'est "britannisé" complètement, dans la langue comme dans les formes.

"Je suis retourné en Somalie en 2003. J'ai réalisé que je ne pourrais plus y vivre, que si j'étais resté, je ne serais pas le coureur que je suis", expliquait-il également en 2007.

Samedi, le natif de Mogadiscio a réussi à faire vibrer les deux pays en réalisant le doublé, avec classe. Car s'il ne pourrait plus vivre en Afrique, il continue à vouloir aider son continent.

Mohamed et son épouse Tania ont ainsi créé la Fondation Mo Farah, dont l'objectif est de creuser 50 puits et d'offrir un mois de nourriture à au moins 20.000 personnes, ainsi que de l'aide médicale à 40.000 personnes avant la fin de l'année.

Il a déjà mis de côté les 250.000 livres sterlings (320.000 EUR) remportés dans un show télé plus tôt dans l'année. Sans aucun doute, la deuxième médaille d'or que l'athlète a glané samedi permettra aussi aux Somaliens de récolter les fruits de leur "Golden boy".

Farah va maintenant pouvoir se préparer dans la sérénité à un autre "doublé": la naissance prochaine de jumeaux.

fbr/jmt

PLUS:afp