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JO-2012 - Marche: Claudia Balderrama, de la Cordillère des Andes à Londres

10/08/2012 07:31 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

Elle s'entraîne là où d'autres peinent à respirer, dans la cordillère des Andes, à 3.600 mètres d'altitude: un atout pour la marcheuse Claudia Balderrama, avec l'espoir d'offrir samedi à la Bolivie la première médaille de son histoire, aux Jeux de Londres.

Cette psychologue de 29 ans à la voix douce a laissé de côté travail et vie de famille pour accomplir son rêve: décrocher une médaille à Londres, à l'arrivée du 20 km marche.

"Je travaille énormément pour me qualifier" pour Londres, expliquait-elle à l'AFP, avant son départ pour l'Europe, flanquée de ses entraîneurs, le Bolivien Duberty Flores et le Mexicain Raul Gonzalez.

Honneur supplémentaire: la jeune femme a été la porte-drapeau de la minuscule délégation bolivienne, qui ne compte que quatre autres membres: un sprinter, deux nageurs et un tireur.

Parmi les meilleures athlètes boliviennes, Claudia Balderrama s'entraîne sur l'altiplano, à quelque 3.600 mètres d'altitude, près du lac Titicaca, à la frontière avec le Pérou, avec en toile de fond la Cordillère enneigée.

Mais elle escalade également régulièrement les sentiers du Cerro Chacaltaya, à 30 kilomètres de la capitale bolivienne, qui culmine à 5.395 mètres d'altitude et abritait autrefois une station de ski possédant la plus haute piste du monde.

Mais le glacier a entièrement disparu en mai 2009 en raison du réchauffement climatique et il ne reste plus qu'un paysage pelé et rocailleux.

Et le travail a payé. "Elle a eu un résultat de 1 heure, 35 minutes et 54 secondes lors du Mondial de marche à Moscou" en mai dernier, soit une 29e place sur 106, souligne ainsi Duberty Flores.

"Son potentiel est énorme", insiste de son côté Raul Gonzalez, qui entraîne également son compatriote mexicain Jose Leyver Ojeda, 27 ans, pour l'épreuve du 50 km marche.

Pour ses entraîneurs, Claudia Balderrama devrait viser les 10 premières places au classement samedi, avant d'arriver au maximum de son potentiel aux Jeux de Rio en 2016.

"Si elle y parvient, ce sera merveilleux, une grande réussite", se réjouissait d'avance le président de la Fédération bolivienne d'athlétisme (FBA), Gonzalo Prada. De fait, la Bolivie n'a jamais obtenu de médaille olympique.

Une certitude: l'entraînement en altitude permet à l'organisme des athlètes de générer une plus grande quantité de globules rouges pour compenser le manque d'oxygène, ce qui constitue un avantage et une réserve dans une compétion se déroulant au niveau de la mer.

"C'est comme marcher avec un ballon à oxygène sur l'épaule", explique Florès.

Durant ses périodes d'entraînement, le quartier général de la marcheuse se trouvait dans un hôtel de Huarina, près du lac Titicaca, le lac navigable le plus haut de la planète.

La journée commençait à 8 heures du matin par des exercices d'échauffement et ensuite des marches rapides de deux à trois heures, le matin et l'après-midi, sept jours sur sept.

L'athlète bolivienne s'est entraînée jusqu'au 6 août, avant de voyager à Londres le lendemain, a précisé le président de la FBA à l'AFP.

Balderrama avait commencé à pratiquer la course à pied à 13 ans, dans les rues escarpées de la capitale La Paz. Et ce n'est qu'à 17 ans qu'elle a opté pour la marche, après une blessure.

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