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JO-2012 - Le "Village Afrique", une première aux Jeux qui se finit mal

10/08/2012 09:15 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

Le "Village Afrique", premier pavillon d'hospitalité du continent noir dans l'histoire olympique, devait être la vitrine de l'Afrique aux Jeux de Londres, mais cette expérience inédite a tourné court après la fermeture prématurée du site pour défaut de paiement.

Les visiteurs ont trouvé portes closes mercredi, provoquant colère et incompréhension parmi les vingt pays participants.

"C'est déplorable", estime le conseiller économique de l'ambassade du Maroc à Londres, Larbi Bouattaf, dont le pays avait fait venir plusieurs artisans pour animer un véritable souk de 150 mètres carré.

"On est fous furieux", réagit Lotfi Labaied du Comité national olympique tunisien, dont le pays disposait aussi d'un stand. "On se sent lésés. On a engagé beaucoup de frais" en faisant venir des gens, ajoute-t-il, alors que la location d'un espace de 25 mètres carré dans ce village de tentes était facturé 15.800 euros.

Le stand Tunisie proposait notamment des ateliers henné, mosaïque, poterie, et "on cherchait à donner une nouvelle image de la Tunisie après la révolution", poursuit M. Labaied. "C'était positif, et là ça nous tombe sur la tête. On est détruits."

Jusqu'à sa fermeture, le "Village Afrique", situé dans les jardins de Kensington au coeur de Londres, avait rencontré un beau succès avec 80.000 visiteurs.

Mais suite à un conflit à propos d'une affaire de factures impayées, un groupement de fournisseurs locaux "a décidé, de façon unilatérale et après un marchandage inacceptable, de suspendre ses prestations", affirme la société française Pixcom, spécialisée en communication événementielle.

Les demandes de règlement étaient notamment présentées par une société de sécurité StoneHouse et une entreprise de fourniture de tentes Mar-Key pour un montant "avoisinant le demi-million d'euros", selon l'un des organisateurs qui a requis l'anonymat.

Les entreprises concernées assurent que Pixcom n'a pas honoré ses factures.

L'Association des comités nationaux olympiques d'Afrique (Acnoa), à l'initiative du "Village Afrique", rejette toute responsabilité, dénonçant le "litige entre une entreprise française et des sociétés anglaises" qui a "engendré des conséquences des plus néfastes pour notre continent".

"C'est mortel" pour l'image de l'Afrique, juge M. Labaied. "Vu que c'est l'Afrique, tout le monde va penser que ce sont les Africains qui sont responsables, mais il faut comprendre qu'en aucun cas, les Africains ne sont en cause", insiste-t-il.

"Ce serait malhonnête de mettre ça sur le dos de l'Afrique", représentée par plus de 900 athlètes sur près de 10.500 aux JO de Londres, estime aussi le directeur du village, Gilles Gabillet.

A l'image de la vingtaine de maisons nationales ouvertes au public pendant les JO de Londres, le "Village Afrique" était un espace de convivialité pour accueillir manifestations culturelles et gastronomiques, supporters, athlètes, chefs d'entreprise et simples curieux.

Faute de moyens suffisants pour disposer de leur propre "maison", vingt pays africains s'étaient associés pour ouvrir cet espace. Malgré la fin "préjudiciable" du "Village Afrique", M. Bouattaf "espère" que l'expérience sera retentée aux prochains JO. "En évitant les erreurs de la première édition" évidemment.

bed/dh/jr

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