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Jean Charest serait en difficulté dans sa circonscription

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JEAN CHAREST
Jean Charest à Sherbrooke. (PC) | PC

SHERBROOKE, Qc - Lorsque l'on jette un coup d'oeil aux sondages qui prédisent la défaite des libéraux et même celle de leur chef dans sa circonscription, on comprend l'importance des défis que doit relever Jean Charest durant la présente campagne électorale.

Même l'actuel propriétaire de la maison où M. Charest a grandi pourrait ne pas voter pour lui. En fait, il a déjà voté contre le premier ministre aux dernières élections et, cette fois-ci, réfléchit aux possibilités qui s'offrent à lui.

Philippe Duvivier, qui a acheté la résidence en briques rouges de la famille Charest à Sherbrooke il y a environ quatre ans, affirme que l'opinion des citoyens de la ville au sujet du leader libéral est tout aussi incertaine.

«C'est divisé, a reconnu M. Duvivier alors qu'il se tenait sur le seuil de la demeure de deux étages située sur le boulevard Portland qui a abrité les Charest pendant un demi-siècle.

«Il y a des gens qui sont pour lui et d'autres qui sont contre.»

Depuis son entrée en politique en 1984, Jean Charest a réussi à conserver son siège de Sherbrooke au cours de huit élections fédérales et provinciales, survivant même à la débâcle des progressistes-conservateurs en 1993, qui ont vu le nombre de leurs députés passer à seulement deux au Canada.

La présente campagne de Jean Charest pourrait être sa plus difficile. Selon les sondages rendus publics vendredi, le Parti québécois (PQ) jouirait d'une avance importante parmi le vote francophone. Un sondage local dans la circonscription de Sherbrooke semble démontrer un avantage considérable au candidat du Parti québécois Serge Cardin, un ancien député bloquiste.

Les partisans du PQ avaient peine à contenir leur enthousiasme au quartier général du candidat Serge Cardin, vendredi. Ce dernier pourrait succéder à Jean Charest pour la deuxième fois. Lorsque l'actuel premier ministre a quitté le Parti conservateur pour passer au Parti libéral du Québec, c'est Serge Cardin qui avait remporté la circonscription fédérale de Sherbrooke avec l'équipe du Bloc québécois. Il tente cette fois-ci de lui ravir son poste au niveau provincial.

Serge Cardin affirme que lors de son mandat de 13 ans à la Chambre des communes, il a mené à terme plusieurs réalisations et que les électeurs s'en souviennent. Pour le politicien de 62 ans, les citoyens en ont assez des odeurs de corruption qui entourent le Parti libéral. Il reproche également à Jean Charest d'avoir négligé l'économie locale. «Je suis assuré d'avoir la confiance de la population.»

Le candidat péquiste demeure toutefois prudent face aux sondages en se rappelant sa défaite de l'an dernier au profit du Nouveau Parti démocratique. Son avance dans les sondages s'était subitement évaporée à la fin de la campagne. Il craint que la chose puisse se reproduire si ses électeurs tiennent sa victoire pour acquis et ne se rendent pas voter le jour du scrutin. «Il n'y a rien de garanti» a-t-il affirmé en entrevue à la Presse Canadienne.

Serge Cardin a été le premier député du Bloc élu lors d'une élection complémentaire en 1998 et il a ensuite décroché quatre autres mandats.

Le mentor du jeune Charest, le prêtre Bernard Bonneau, âgé maintenant âgé de 78 ans, se souvient de lui comme d'un bagarreur, qui, selon lui, n'a pas livré sa dernière bataille.

Il avoue être un partisan de Charest qu'il considère comme un bon gouvernant. C'est lui qui l'a encouragé à se présenter comme président de son école lorsqu'il avait 16 ans. «Évident, je suis un pro-Charest, mais cela ne signifie pas que le gouvernement est parfait. Un gouvernement parfait, ça n'existe pas. Je pense qu'il est un excellent premier ministre.»

Conseiller spirituel à l'école secondaire Montcalm que fréquentait Jean Charest, l'abbé Bonneau estime que les allégations de corruption contre les libéraux sont grandement exagérées. Il félicite le gouvernement libéral pour l'ensemble de son travail dans un contexte de récession mondiale. Le taux de chômage de la province est sensiblement le même que celui de la moyenne nationale, un progrès considérable par rapport à la situation qui prévalait avant 2003, lors de l'arrivée au pouvoir de Charest, affirme-t-il.

Une course serrée, ce n'est rien de nouveau dans Sherbrooke, ajoute le religieux. «La lutte a toujours été chaude.»

Le chef libéral l'avait emporté en 2008 avec 45 pour cent des voix comparativement à 38 pour cent pour son adversaire péquiste soit un écart de 2314 votes. L'année précédente, Charest avait récolté une majorité plus mince de 1332 voix dans la circonscription de Sherbrooke.

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