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En hausse dans les sondages, François Legault devient la cible de ses rivaux

10/08/2012 11:54 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - En hausse dans les plus récents sondages, François Legault est devenu la cible privilégiée de ses principaux rivaux, Pauline Marois et Jean Charest, vendredi.

Au 10e jour de la campagne électorale, le chef libéral Jean Charest a sorti ses griffes pour juger que le leader de la Coalition avenir Québec (CAQ) jouait «au casino» avec l'argent des contribuables.

En parfaite contradiction avec son engagement de faire le ménage dans les finances publiques, le chef de la CAQ dépense sans compter pour s'attirer les faveurs de l'électorat, selon M. Charest, qui, visiblement, prend désormais son adversaire au sérieux.

«Celui qui devait faire le ménage et passer le balai est en train d'écrire des chèques à tout le monde», a dit M. Charest, en tournée en Abitibi.

Après 10 jours de campagne, M. Legault, «un «comptable qui ne sait pas compter», a multiplié les promesses pour un coût total avoisinant les cinq milliards $, a calculé le leader libéral.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a fait écho aux propos de M. Charest. Dans une conférence de presse à Québec, elle s'est attardée à demander des comptes au chef de la Coalition, qui la chaufferait dans les intentions de vote, particulièrement chez les francophones, dans les couronnes de Montréal.

Elle a elle aussi tenté de miner la crédibilité de M. Legault, sur le plan financier. Mme Marois a demandé à M. Legault s'il a «trouvé un arbre où pousse l'argent».

À ce titre, elle a réitéré son engagement à abolir l'impôt santé annuel de 200 $ exigé de chaque contribuable par le gouvernement libéral depuis 2010. Cette réduction d'impôt de 1 milliard $ sera compensée par l'imposition accrue des revenus de plus de 130 000 $ et la réduction du crédit d'impôt sur les dividendes. La mesure serait donc à coût nul, plaide le PQ.

Visiblement, la CAQ commence à déranger sérieusement ses adversaires. M. Legault, de son côté, a poursuivi sur sa lancée.

Vendredi, il a annoncé qu'un gouvernement de la CAQ abolirait la moitié des crédits d'impôt des entreprises, soit 2 des 4 milliards $, pour les redonner à Investissement Québec, qui deviendrait un véritable guichet unique pour les entreprises.

Et Investissement Québec verrait à soutenir les entreprises qui créent des emplois payants, et non des emplois à tout prix et parfois peu payants, a plaidé le chef caquiste.

Pour les entreprises, la première étape serait le Centre local de développement (CLD), qui serait le guichet unique régional. Et les CLD seraient une sorte de relais vers Investissement Québec.

«L'objectif au Québec, c'est d'arrêter de créer des emplois à 10$ de l'heure, comme le fait Jean Charest, et de créer des emplois, à 20$, 30$, 40$ de l'heure. C'est ça qu'il manque au Québec», a lancé le chef caquiste.

Il s'est aussi risqué à se prononcer sur un dossier controversé: l'amiante. À la lumière des études sur les dangers pour la santé de l'amiante, François Legault pense qu'il faudrait «a priori» cesser l'exploitation de ce minerai. Il s'est dit étonné de voir que le gouvernement du Québec, qui offre habituellement des garanties de prêts, a plutôt offert directement un prêt de 58 millions $ pour la relance de la mine Jeffrey à Asbestos.

De son côté, Jean Charest a promis la création d'un fonds dédié à la formation à distance. Si le Parti libéral est reporté au pouvoir le 4 septembre, le ministère de l'Éducation injectera 50 millions $ sur cinq ans dans ce fonds afin de développer des formations à distance pour les emplois en demande.

Par ailleurs, le cadre budgétaire de Québec solidaire (QS) est maintenant connu. Il prévoit un budget équilibré et une augmentation du revenu disponible des familles de la classe moyenne et des personnes moins favorisées.

Dans un résumé de son plan présenté vendredi, Québec solidaire annonce que sa priorité sera de mettre fin aux tarifications du gouvernement du Québec: la contribution santé, la hausse des droits de scolarité et celle des tarifs d'électricité.

Le parti reproche aux autres formations politiques de multiplier les promesses sans présenter un cadre budgétaire aussi détaillé que le sien. Il mise sur l'accroissement des revenus plutôt que sur la réduction des dépenses.

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