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Combats acharnés et bombardements meurtriers sur Alep

10/08/2012 10:59 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

Des combats acharnés se déroulaient vendredi entre l'armée syrienne et les insurgés dans la ville stratégique d'Alep, où le bombardement d'une boulangerie a fait à lui seul une dizaine de morts, ont constaté des journalistes de l'AFP.

A New York, Lakhdar Brahimi, un diplomate algérien rompu aux missions délicates, était pressenti pour remplacer Kofi Annan comme envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, malgré les divergences persistantes sur ce dossier au sein du Conseil de sécurité ayant conduit M. Annan à jeter l'éponge la semaine dernière.

Les Etats-Unis ont de leur côté accusé le parti chiite libanais Hezbollah de jouer un "rôle central" dans la répression en Syrie et annoncé des sanctions contre une compagnie pétrolière syrienne d'Etat, Sytrol, en raison de ses relations commerciales avec l'Iran, l'allié de Damas qui est lui-même sous le coup de sanctions occidentales pour son programme nucléaire controversé.

Pendant ce temps, des combats très violents se poursuivaient à Alep pour le contrôle de cette ville clef (355 km au nord de Damas), près de la frontière turque.

Les autorités ont affirmé avoir repoussé une attaque rebelle contre l'aéroport international de la ville, théâtre de combats depuis le 20 juillet.

Dans un quartier rebelle, Tariq al-Bab (est), un obus est tombé sur une boulangerie au moment où les gens faisaient la queue devant l'établissement, faisant une dizaine de morts, dont trois enfants, selon des journalistes de l'AFP.

Par ailleurs, une manifestation organisée tous les vendredis après la prière depuis le début de la révolte en mars 2011 a été violemment réprimée dans un quartier bourgeois (Nouvel Alep) sous contrôle de l'armée. Celle-ci a ouvert le feu sur la foule, tuant un étudiant de 19 ans, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Alors que les positions rebelles sont bombardées par voies terrestre et aérienne, les manifestations se sont déroulées sous un slogan en forme d'appel à la communauté internationale: "Donnez-nous des armes anti-aériennes".

A Alep, des accrochages ont eu lieu dans des secteurs du quartier de Salaheddine (sud-ouest). Les insurgés avaient effectué la veille un "retrait tactique" de ce quartier face aux bombardements intenses de l'armée, selon un chef rebelle local.

Dans le quartier Hanano, quatre bombes larguées par un Mig 21 sont tombées à l'aube dans la cour du QG de l'ASL et l'autre sur un immeuble d'habitations où il y a eu plusieurs blessés, selon des journalistes de l'AFP.

Très remontés, les occupants ont crié leur colère contre les Etats-unis et la France qui soutiennent pourtant la rébellion. "Personne ne nous aide", ont-ils lancé.

Près de Damas, trois journalistes syriens travaillant pour une chaîne d'Etat syrienne ont été capturés par les rebelles alors qu'ils accompagnaient l'armée dans une opération, selon l'OSDH.

Human Rights Watch a appelé vendredi les belligérants à "respecter les lois de guerre" en ne visant pas les civils et en ne menant pas d'attaques indiscriminées.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est aussi alarmé de la situation humanitaire à Alep.

"Des milliers de personnes ont quitté leur domicile et commencent à se réfugier dans des bâtiments publics, désormais utilisés comme abris temporaires", a indiqué Marianne Gasser, chef de la délégation du CICR en Syrie, ajoutant que plus de 80 écoles accueillaient des déplacés.

Le CICR se dit d'autant plus inquiet que "le Croissant rouge syrien a dû suspendre la plupart de ses activités en raison du danger extrême sur le terrain". Selon le CICR, "des dizaines de bénévoles" continuent cependant de travailler sur le terrain et de livrer de la nourriture.

Alors que sa nomination comme médiateur est attendue en début de semaine prochaine, l'ancien chef de la diplomatie algérienne Lakhdar Brahimi, 78 ans, a appelé "le Conseil de sécurité de l'ONU et les Etats de la région à s'unir pour permettre une transition politique dès que possible", dans un communiqué commun avec le groupe des "Anciens" qui réunit des personnalités oeuvrant au règlement des conflits dans le monde.

Le Conseil de sécurité a échoué jusqu'à maintenant à voter toute résolution condamnant le régime syrien en raison des divergences entre les Occidentaux et la Russie.

Renforçant encore ses sanctions contre Damas, le Trésor américain a sévi contre la société d'Etat Sytrol et notamment accusé le Hezbollah libanais, considéré comme une organisation terroriste par Washington, de "faciliter" la formation des troupes syriennes par les Gardiens de la révolution iraniens.

Près de 17 mois après le début de la révolte, les violences ont fait plus de 21.000 morts en Syrie, selon l'OSDH qui rapporte, pour la seule journée de vendredi, 84 morts, dont 36 civils.

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