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Calcioscommesse: Conte suspendu, la Juventus sans entraîneur

10/08/2012 06:40 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

Antonio Conte a été condamné vendredi à dix mois de suspension dans le scandale des matches truqués dit "Calcioscommesse", une sanction qui laisse sans entraîneur le champion d'Italie en titre, la Juventus de Turin, à deux semaines de la reprise de la Serie A.

La Commission disciplinaire de la Fédération de football est certes allée en-deçà de la peine de 15 mois requise par le procureur fédéral Stefano Palazzi contre Conte, accusé d'avoir omis de dénoncer aux autorités des matches truqués (Novare-Sienne et AlbinoLeffe-Sienne) lors de la saison 2010-2011.

Mais le staff technique de la Juventus se retrouve décapité, d'autant plus que l'adjoint de Conte, Angelo Alessio, contre lequel le procureur fédéral avait aussi requis 15 mois de suspension, a été suspendu huit mois.

Face à cette situation de crise, la Juve a immédiatement réaffirmé "son plein soutien à Antonio Conte et Angelo Alessio", en espérant que "les prochains degrés de juridiction permettront finalement de faire émerger complètement leur innocence".

Conte et Alessio ont cinq jours pour faire appel devant la Cour fédérale, mais cette procédure n'est pas suspensive et la sentence restera exécutoire jusqu'au prononcé d'un nouveau jugement, a indiqué à l'AFP un porte-parole de Fédération.

Une solution définitive "dans des délais rapides, si possible avant le début du championnat", est "dans l'intérêt de toutes les parties", a-t-il ajouté.

La Juve a d'ores et déjà annoncé que "l'équipe d'avocats des deux hommes est au travail pour rédiger les dossiers d'appel, avec la conviction que les raisons pour affirmer leur innocence restent inchangées". Parmi leurs avocats figure notamment Giulia Bongiorno, ténor du barreau et députée.

La Juve a néanmoins reçu une bonne nouvelle: son défenseur Leonardo Bonucci, accusé de délit sportif et contre lequel le procureur avait requis 3 ans et six mois de suspension, a été relaxé.

Bonucci, qui faisait partie de l'équipe d'Italie finaliste de l'Euro-2012 et a prolongé en avril son contrat à Turin jusqu'en 2017, était soupçonné d'avoir participé au trucage du match Udinese-Bari en mai 2010.

Autre bonne nouvelle: son équipier Simone Pepe, soupçonné d'avoir omis de signaler ce même trucage aux autorités compétentes et contre lequel était requis un an de suspension, a lui aussi été relaxé.

La Commission disciplinaire a sanctionné d'autres clubs: Lecce et Grosseto ont été exclus de la Serie B (2e div.) et relégués en division inférieure. L'exclusion de Lecce a en outre été assortie d'une amende de 30.000 euros.

Novare a également été condamné à une pénalité de deux points, Bologne à une amende de 30.000 euros et Ancône à payer 10.000 euros.

Au total, 19 membres de la Fédération ont été condamnés, sans compter les arrangements à l'amiable entre certains joueurs et le procureur en cours de procédure.

La condamnation la plus sévère concerne le président du club de Grosseto, Piero Camillo, et l'ex-président de Lecce Pierandrea Semeraro, suspendus cinq ans.

En revanche, Marco Di Vaio, Salvatore Masiello, Daniele Padelli, Giuseppe Vives et Nicola Belmonte ont été relaxés, comme Bonucci et Pepe.

L'Udinese a elle aussi été relaxée.

Au total, 13 clubs et 45 membres de la Fédération étaient concernés par cette procédure, mais de nombreux arrangements à l'amiable ont été conclus en cours de procédure.

Le scandale du "Calcioscommesse" implique des joueurs soupçonnés d'avoir été corrompus par des parieurs clandestins voulant gagner à coup sûr. Il a entraîné plusieurs enquêtes et des arrestations de joueurs, dont certains de premier plan, comme Stefano Mauri, le capitaine de la Lazio Rome.

Les vagues d'arrestations depuis un an donnent l'image désastreuse d'un football italien, six ans après le "Calciopoli", scandale des matches arrangés qui avait privé la Juventus de deux titres.

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