NOUVELLES

Une relève florissante en plongeon au Québec, à l'ère d'après Despatie-Heymans

09/08/2012 06:30 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

LONDRES - Les nombreux exploits d'Alexandre Despatie et d'Émilie Heymans, qui feront leurs adieux à l'olympisme dimanche, ont inspiré une nouvelle génération de plongeurs au Québec, où la relève est florissante.

Mitch Geller, directeur de la haute performance de Plongeon Canada, n'envisage pas comme une catastrophe les départs à la retraite imminents des deux grandes vedettes. De jeunes espoirs sont prêts à prendre le relais et porter bien haut le flambeau d'excellence.

Déjà, trois membres de l'équipe canadienne actuelle, François Imbeau-Dulac au tremplin de trois mètres, ainsi que Jennifer Abel, au trois mètres, et Meaghan Benfeito, à la tour, vont représenter des valeurs sûres dans quatre ans, aux Jeux de Rio, au Brésil.

«On peut difficilement remplacer des athlètes d'exception comme ces deux-là, a déclaré Geller, en entrevue à La Presse Canadienne, jeudi. On en voit passer un ou deux par génération. Cela dit, nous sommes chanceux, il y a beaucoup de talent en plongeon. Chez les gars, des jeunes comme Vincent Riendeau et Philippe Gagné sont très doués.»

Le jeune Riendeau, âgé de 15 ans, est du Club de Pointe-Claire, et Gagné, 14 ans, du Club CAMO.

«Ils sont bien encadrés à l'entraînement et on voit à les développer de façon méthodique, a noté Geller. Ils représentent de beaux projets à longue échéance, et nous espérons un jour les voir rivaliser avec les meilleurs au monde.»

Du côté féminin, c'est encore mieux. Il existe une bonne profondeur, selon le dirigeant de Plongeon Canada. À brève échéance, on voit Pamela Ware, de Beloeil, remplacer Heymans aux côtés d'Abel en synchro. Ware, âgée de 19 ans, a bien failli ravir sa place à Heymans à Londres à l'épreuve individuelle au tremplin.

«Pamela est très solide, c'est une compétitrice-née, a-t-il avancé. Elle a terminé quatrième à la compétition de la Coupe du monde qui a eu lieu ici. On estime qu'elle va vite chausser les souliers d'Émilie en synchro, et que Jennifer et elle vont connaître autant de succès ensemble.»

À la tour, Benfeito n'est âgée que de 23 ans et on a déjà un plan d'élaboré pour elle afin qu'elle poursuive sa progression.

Son acolyte Roseline Filion, 25 ans, a toutefois confié après l'épreuve de jeudi qu'elle était loin d'être assurée de continuer pendant un autre cycle olympique.

«Après ces Jeux, je vais commencer à y aller une année à la fois, a-t-elle précisé. Au 10 mètres, on ne voit pas beaucoup de filles âgées de 29 ans et, à Rio, j'aurai 29 ans. Si mon corps me le permet, oui, parce que j'aime toujours plonger. Mais je ne pense pas à dans quatre ans tout de suite.»

Encore là, Geller a fait remarquer qu'une jeune Montréalaise, Éloïse Bélanger, 18 ans, possède le potentiel pour faire rapidement sa place parmi l'élite mondiale.

«Nous avons un bon bassin d'espoirs. Ces jeunes se sont initiés à la pratique du plongeon après avoir été inspirés par des héros comme Alexandre et Émilie. Après chaque Jeux olympiques, on note toujours une recrudescence d'inscriptions dans les clubs, et espérons qu'il y aura encore de futurs champions parmi eux cette année.»

Geller a souligné que le nombre d'inscriptions était monté en flèche, en 1996, après qu'Annie Pelletier eut remporté une médaille de bronze aux Jeux d'Atlanta, et qu'une des jeunes qui avaient eu la piqûre, la médaillée de bronze en synchro Roseline Filion, en était à Londres à ses deuxièmes Jeux olympiques.

Mais l'ambassadeur par excellence des 15 dernières années a indéniablement été Despatie.

«Je l'ai mentionné cette semaine, les succès d'Alexandre en bas âge ont eu des retombées positives majeures pour notre sport, a dit Geller. Il a de plus contribué à faire changer les mentalités des athlètes qui ont commencé à croire qu'ils pouvaient lutter avec les meilleurs au monde.

«Émilie a aussi prouvé que les Canadiens pouvaient tenir tête aux meilleurs. Elle est de nature plus réservée qu'Alexandre, mais ses performances parlent d'elles-mêmes.»

Geller a dit souhaiter qu'on pense à Heymans quand viendra le temps de choisir le porte-drapeau canadien pour la cérémonie de clôture des JO, dimanche.

«Elle a tellement accompli de choses, a-t-il dit. Elle n'est pas la plus flamboyante, ce n'est pas dans sa personnalité, mais je souhaiterais vraiment qu'on souligne tous les accomplissements qu'elle a faits pour le sport, notre sport.»

PLUS:pc