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Nigeria: Clinton et Jonathan parlent sécurité, violences islamistes

09/08/2012 11:48 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a rencontré jeudi au Nigeria, le président Goodluck Jonathan pour discuter de l'intensification des attaques islamistes qui inquiètent les puissances occidentales dans ce géant de l'Afrique de l'Ouest.

Arrivée d'Afrique du Sud, dans le cadre d'une tournée sur le continent africain, Mme Clinton effectue une brève escale au Nigeria - pays le plus peuplé d'Afrique et l'un des principaux fournisseurs de pétrole aux Etats-Unis - avant d'assister au Ghana aux funérailles du président John Atta Mills.

Sa visite au Nigeria intervient au moment où le président Jonathan est confronté à une pression croissante pour enrayer le cycle des violences attribuées au groupe islamiste Boko Haram, qui a fait plus 1.400 morts depuis 2010 dans le nord et le centre du Nigeria, selon l'organisation Human Rights Watch (HRW).

Plusieurs parlementaires américains ont demandé à l'administration du président Barack Obama d'inscrire Boko Haram sur la liste des organisations terroristes, mais des diplomates s'y sont opposés, soulignant que le groupe était surtout actif à l'intérieur du pays.

Washington et des organisations de défense des droits de l'homme ont plusieurs fois pressé le gouvernement nigérian de commencer à régler ces problèmes sous-jacents pour résoudre les crises qui frappent le Nigeria.

En juin, Washington a cependant inscrit trois membres présumés de Boko Haram, leur chef Abubakar Shekau et deux autres militants sur la liste des "terroristes internationaux", permettant de geler leurs avoirs aux Etats-Unis.

HRW, organisation de défense des droits de l'homme installée à New York, a demandé à Mme Clinton de pousser M. Jonathan à s'attaquer aux problèmes de violence et de corruption au Nigeria qui forment le terreau des militants les plus violents.

"Malgré l'immense richesse pétrolière du Nigeria, la corruption endémique de l'Etat et la mauvaise gouvernance ont empêché les Nigérians d'accéder à leurs droits à la santé et à l'éducation", et "dans le nord pauvreté et manque d'emplois sont généralisés", estime HRW, qui dénonce aussi des exactions des forces de l'ordre.

Mme Clinton "renouvellera nos offres d'assistance et de secours aux Nigérians", a indiqué un haut responsable du Département d'Etat jeudi.

L'offre d'assistance va inclure l'aide au développement des procédures d'enquête, notamment la médecine légale, selon le responsable.

"C'est un problème pour le Nigeria, mais aussi pour les pays frontaliers au nord, le Cameroun et le Niger. Nous sommes inquiets" que ce réseau extrémiste ne "contamine la sécurité des Etats voisins", a-t-il dit.

"Nous pouvons les aider à développer les mécanismes pour pister et déterminer les individus qui sont susceptibles de soutenir activement Boko Haram", a encore précisé cette personnalité.

Les Etats-Unis seraient prêts à aider les Nigérians à développer un centre de coordination du renseignement pour mieux intégrer les informations, selon le responsable.

Le Nigeria fourni 8% des importations américaines de pétrole et la production de brut vient surtout du sud du pays, une région épargnée par les violences de Boko Haram.

Le groupe radical a multiplié les assassinats avant de mener des attentats à la bombe de plus en plus complexes, surtout contre des chrétiens mais aussi contre fonctionnaires, militaires, policiers.

Les membres de Boko Haram sont suspectés d'avoir suivi des entraînement dans le nord du Mali avec Al-Qaïda au Maghreb islamique, la branche nord-africaine d'Al-Qaïda.

Le président Jonathan a accusé le groupe islamiste de chercher à provoquer une crise religieuse dans un pays majoritairement musulman dans le nord et chrétien dans le sud.

Dans la nuit de lundi à mardi, des hommes armés ont tué le pasteur et dix-huit fidèles d'un temple évangélique dans une ville du centre.

Depuis le 31 juillet, Hillary Clinton s'est rendue au Sénégal, en Ouganda, au Soudan du Sud, au Kenya, au Malawi et en Afrique du Sud - à laquelle elle a proposé un accord de partenariat. Elle est également attendue pour une brève visite au Bénin.

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