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Mali: exactions dans le Nord au nom de la charia

09/08/2012 08:34 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

Rappel des principales exactions menées dans le nord du Mali, région totalement occupée par des groupes islamistes armés qui y imposent la charia (loi islamique) par la force.

Ces groupes, Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), alliés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), occupent et se partagent depuis fin mars le Nord, d'où ils ont évincé la rébellion touareg de la région. Ils entendent imposer la charia à tout le Mali.

- 14-15 juin: Les islamistes du Mujao brûlent des cartons de cigarettes et fouettent des fumeurs à Bourem, selon des témoins. Les groupes islamistes armés ont déjà interdit la cigarette dans d'autres localités du Nord qu'ils occupent.

En mai à Gao, des membres du Mujao ont empêché des jeunes de jouer au football et de regarder la télévision, provoquant de violentes manifestations anti-islamistes.

- 20 juin: Ansar Dine réitère sa principale revendication, l'application de la charia au Mali.

Un homme et une femme, qui ont eu un enfant sans être mariés, reçoivent cent coups de fouet chacun à Tombouctou (nord-ouest), donnés par des membres du groupe Ansar Dine (témoins).

Un responsable de la police islamique de Tombouctou affirme que six autres femmes ayant eu des enfants hors mariage seront "sanctionnées".

- 16 juil: Un habitant de Tombouctou accusé d'avoir bu de l'alcool reçoit 40 coups de fouet donnés par des membres du groupe Ansar Dine.

- 29 juil: Des islamistes tuent par lapidation un couple non marié à Aguelhok (nord-est), contrôlée par Ansar Dine, selon deux élus de la région.

- 8 août: Les islamistes du Mujao amputent la main d'un voleur dans la localité d'Ansongo, au sud de Gao, la première amputation commise depuis quatre mois qu'ils occupent la région. Le 5 août, les islamistes en avaient été empêchés par les habitants de Gao.

Par ailleurs, Ansar Dine a démoli en juin-juillet la majorité des mausolées des saints musulmans de Tombouctou, ancien haut-lieu intellectuel et culturel du Sahara, provoquant l'indignation au Mali même et à l'étranger. Les islamistes ont affirmé avoir détruit ces sites "au nom de Dieu", estimant qu'ils n'étaient pas conformes à la charia qu'ils appliquent dans les zones sous leur contrôle.

acm/alc/stb

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