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L'ONU tient à ce que Khartoum et Juba concluent rapidement un accord global (Rice)

09/08/2012 03:04 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

L'ONU et l'Union africaine "tiennent absolument" à ce que les deux Soudans concluent rapidement un accord global même s'ils disposent désormais de quelques semaines supplémentaires, a affirmé jeudi l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Susan Rice.

Tout en jugeant "encourageants" les arrangements annoncés par Khartoum et Juba sur le partage des revenus pétroliers et l'accès humanitaire au Kordofan-Sud et au Nil Bleu (deux Etats du Soudan), Mme Rice a souligné qu'il fallait encore qu'ils soient "appliqués totalement et de bonne foi".

Il reste aussi "beaucoup d'autres différends à régler", dont la délimitation de la frontière commune ou le sort des régions contestées comme Abyei, a-t-elle expliqué devant la presse à l'issue de consultations au Conseil de sécurité sur ce dossier. "Nous encourageons fortement les deux pays à continuer à retourner à la table des négociations pour régler les problèmes restants".

L'ambassadrice a rappelé que le Conseil et l'Union africaine avaient donné initialement aux deux pays jusqu'au 2 août pour conclure un accord de paix global, sous peine de sanctions économiques.

Khartoum et Juba "doivent comprendre que le Conseil et l'Union africaine tiennent absolument à ce que leurs décisions et résolutions soient appliquées", a martelé Mme Rice, ajoutant: "le non-respect entraînera des conséquences".

Elle n'a pas fixé de nouvelle date limite mais a précisé que les 15 membres du Conseil attendaient un rapport du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, prévu pour le 2 septembre, ainsi qu'un nouveau compte-rendu du médiateur de l'Union africaine, Thabo Mbeki, qui s'est adressé à eux jeudi.

"Les deux camps doivent agir rapidement (..), nous ne leur laisserons pas de répit", a conclu Mme Rice.

L'accord conclu la semaine dernière à Addis Abeba prévoit que Juba paie à Khartoum 9,48 dollars par baril de pétrole exporté via le Soudan au cours des trois ans et demi à venir, une baisse significative par rapport aux 36 dollars par baril initialement réclamés par Khartoum.

Ce différend pétrolier empoisonnait les relations entre Juba et Khartoum depuis l'indépendance il y a un an du Soudan du Sud. Juba a hérité des trois quarts des ressources pétrolières du Soudan d'avant la partition mais dépend entièrement des oléoducs du Nord pour exporter.

Un autre accord a été annoncé à Addis Abeba: entre le Soudan, l'Union africaine, l'ONU et la Ligue arabe sur l'accès humanitaire aux Etats soudanais du Kordofan-Sud et du Nil Bleu.

Dans ces deux Etats, des affrontements répétés entre forces soudanaises et groupes rebelles ont plongé, selon l'ONU, des milliers de personnes dans une grave crise humanitaire.

avz/sam

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