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La presse indépendante égyptienne proteste contre les Frères musulmans

09/08/2012 09:16 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

Plusieurs titres de la presse indépendante égyptienne ont publié des encarts blancs jeudi à la place de leurs habituels éditoriaux pour dénoncer selon eux une volonté de contrôle des médias de la part des Frères musulmans, mouvement dont est issu le président Mohamed Morsi.

"Cet encart reste blanc pour protester contre la tentative des Frères d'imposer leur contrôle à la presse et aux médias appartenant au peuple égyptien", écrit al-Watan, l'un des trois titres avec al-Tahrir et al-Masry al-Youm à ne pas publier d'éditoriaux.

Ces journaux reprochent aux islamistes "de procéder comme le faisait le parti du président" Hosni Moubarak, déchu en février 2011 sous la pression d'une révolte populaire.

Ce mouvement de protestation fait suite à la nomination mercredi par la chambre haute du Parlement, la Choura, dominée par les Frères musulmans, des directeurs et rédacteurs-en-chef des titres de la presse gouvernementale, dont plusieurs personnes proches des islamistes.

Cette procédure de nomination par la chambre haute avait déjà cours sous l'ancien régime, assurant au parti présidentiel de l'époque, le Parti national démocrate (PND), la haute main sur le choix des responsables des médias publics.

Le syndicat des journalistes égyptiens, sorte d'ordre professionnel, avait déjà protesté contre la perpétuation d'un mode de nomination hérité de l'ère Moubarak.

Cette grogne survient également dans un climat de contestation du nouveau ministre de l'Information, Salah Abdel Maksoud Metwalli, issu de la formation politique des Frères musulmans, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ).

M. Metwalli a été mis en cause à la suite de la diffusion, dans un programme de la télévision d'Etat, des propos d'un commentateur israélien, un tabou en Egypte où une grande partie des intellectuels et de l'opinion reste hostile à toute "normalisation culturelle" avec l'Etat hébreu, malgré la paix signée en 1979.

Le ministre a dû annoncer une enquête sur la présence de cet intervenant israélien, qui s'exprimait au téléphone sur une chaîne publique, et promettre que cela ne se reproduirait pas.

mon-cr/sb

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