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La Conférence de Téhéran appelle au "dialogue national" en Syrie

09/08/2012 03:41 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

Les représentants de 29 pays réunis à Téhéran ont appelé jeudi à l'ouverture d'un "dialogue national" entre l'opposition et le gouvernement syriens pour mettre fin au conflit, au terme d'une conférence sur la Syrie organisée par l'Iran, principal allié régional de Damas.

Le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi, qui a présidé cette conférence "consultative" en présence notamment de représentants de la Russie, de la Chine, du Pakistan et de l'Irak, a affirmé qu'une "bonne partie de l'opposition syrienne avait accepté de participer à un dialogue avec le gouvernement syrien à Téhéran sans conditions préalables".

Il a assuré que l'Iran, allié fidèle du régime de Bachar al-Assad, était en contact avec des groupes d'opposition à l'intérieur de la Syrie et de certains groupes basés à l'étranger, sans les nommer.

Le ministre syrien pour la Réconciliation nationale, Ali Heydar, doit effectuer "prochainement" une visite à Téhéran pour évoquer le sujet, selon le ministre iranien.

"Nous voulons qu'ils (les opposants) s'assoient avec le gouvernement syrien et coopèrent avec lui pour la mise en oeuvre des réformes", a-t-il dit sans évoquer le départ du président syrien réclamé par les rebelles.

Selon M. Salehi, les participants à la conférence de Téhéran ont exprimé leur "profonde inquiétude quant à la poursuite des violences" et appelé à l'ouverture d'un dialogue national.

"C'est une erreur de croire qu'en faisant pression (sur le régime syrien), il va changer", a-t-il dit en critiquant la politique des Etats-Unis, de l'Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie.

L'Iran accuse ces pays, exclus de la conférence, de fournir des armes aux rebelles syriens qui cherchent à renverser le régime du président Assad.

L'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice a condamné jeudi le "rôle malfaisant" de l'Iran dans la crise syrienne, en dénonçant l'"axe de résistance" formé par l'Iran, le parti libanais Hezbollah et la Syrie.

Lors d'une visite cette semaine à Damas, Saïd Jalili, représentant du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait affirmé que "l'Iran ne permettrait jamais que l'on brise l'axe de la résistance (face à Israël, ndlr) dont la Syrie est un pilier essentiel".

Trois ministres et sept vice-ministres étaient présents à la réunion de Téhéran alors que les autres pays avaient envoyé des ambassadeurs.

Parmi les pays représentés figuraient la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU où ils ont bloqué toutes les résolutions sur la Syrie, ainsi que sept pays arabes (Algérie, Irak, Jordanie, Mauritanie, Oman, Soudan, Tunisie). Le Koweït et le Liban ont décliné l'invitation.

M. Salehi a critiqué la politique des pays occidentaux qui, selon lui, favorisent "le développement de l'extrémisme" et des groupes liés à Al-Qaïda.

"S'ils continuent cette politique, un avenir sombre attend tout le monde", a-t-il dit en comparant la Syrie à l'Afghanistan où la politique occidentale a favorisé selon lui les groupes extrémistes.

Participaient également à cette conférence le Pakistan, le Zimbabwe, l'Afghanistan, l'Arménie, le Bénin, le Bélarus, Cuba, l'Equateur, la Géorgie, l'Inde, l'Indonesie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, les Maldives, la Mauritanie, le Nicaragua, le Sri Lanka, le Tadjikistan, le Turkménistan et le Venezuela, de même qu'un représentant des Nations unies.

La Syrie est secouée depuis mars 2011 par un mouvement de contestation contre le régime qui s'est militarisé au fil du temps. En près de 17 mois de révolte, plus de 21.000 personnes y ont été tuées, selon une ONG syrienne.

sgh/sb

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