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Kinshasa ne négociera pas avec les mutins du M23 (ministre)

09/08/2012 05:15 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) ne négociera pas avec les mutins du M23 qui combattent depuis avril son armée dans l'est du pays, a affirmé à Kampala son ministre des Affaires étrangères.

"Nous ne voulons pas qu'ils survivent en tant que mouvement, en tant qu'idéologie, nous ne voulons pas que leurs actions se poursuivent", a déclaré Raymond Tshibanda à des journalistes dans la capitale ougandaise tard mercredi, à l'issue d'un sommet des Etats des Grands Lacs consacré à la situation dans l'est de la RDC.

"Voilà ce que nous voulons et vu sous cet angle, il n'y a pas à hésiter, il n'y a rien à discuter, rien à négocier", a-t-il ajouté.

Le M23 (Mouvement du 23 mars) est essentiellement composé d'ex-rebelles congolais du Congrès national pour la défense du Peuple (CNDP), intégrés à l'armée de la RDC après un accord avec Kinshasa le 23 mars 2009 et qui se sont mutinés en avril dans la région orientale du Nord-Kivu, accusant le gouvernement de ne pas avoir respecté les dispositions de cet accord.

M. Tshibanda a de nouveau accusé Kigali de soutenir le M23. "Nous disons que le Rwanda apporte aide et soutien au M23", a martelé le ministre.

Il a exclu que les troupes rwandaises puissent faire partie de la "force neutre" dont le déploiement dans l'est de la RDC, pour "éradiquer" les groupes armés qui y sévissent, est étudié par les pays des Grands Lacs qui ont débattu mercredi à Kampala, sans réelle avancée, de sa composition et de sa taille.

"Quand on parle de force neutre, clairement elle ne peut comprendre de forces congolaises, parce qu'elle doit être internationale, et elle ne peut comprendre des troupes rwandaises, parce le Rwanda est une partie du problème", a-t-il estimé.

L'Ouganda et le Rwanda veulent privilégier une force composée de militaires de la région, alors que, selon M. Tshibanda, Kinshasa préférerait voir renforcé le mandat de la Force de l'ONU (Monusco), forte de 19.000 hommes en grande partie déjà déployés dans l'est.

Selon le ministre, Kinshasa pourrait étudier d'autres options telles que faire appel à des troupes de la Communauté des Etats de l'Afrique australe (SADC, dont la RDC est membre), si les négociations sur la "force neutre" s'enlisent.

"La porte n'est pas fermée à d'autres solutions", a-t-il affirmé.

Le commissaire de l'Union africaine (UA) à la Paix et à la Sécurité, Ramtane Lamamra, avait estimé mi-juillet que le déploiement de la force impartiale devait être "une question de semaines" en raison de "l'urgence sur le terrain", tant humanitaire que sécuritaire.

Un rapport onusien a récemment nommément accusé le Rwanda de soutenir le M23. Dans un argumentaire publié fin juillet sur son site officiel, le gouvernement rwandais a dénoncé les "procédures viciées" ayant présidé à sa rédaction et les "preuves fausses" qu'il contient.

Ces preuves "sont quasi-exclusivement basées sur les sources non fiables, anonymes ou partiales", estime Kigali qui souligne qu'aucun responsable rwandais n'a été interrogé par les auteurs du rapport.

Le Rwanda dément également certaines accusations du texte, telles que l'existence de sessions de formation du M23 sur une base près de Kigali et souligne que les armes des mutins présentées comme provenant de ses rangs équipent plusieurs armées de la région et que certaines ne font plus partie de son arsenal.

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