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JO-2012: camper, le plan B pour être de la fête sans trop débourser

09/08/2012 10:23 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

Un retraité lit le journal sur son transat, des enfants jouent sur la pelouse, une famille fait un barbecue. En fond sonore, la rumeur incessante des voitures sur la voie rapide à proximité: bienvenue au camping d'Eton Manor, en plein Londres, repère des inconditionnels des JO.

"Il y a quelques années, si quelqu'un m'avait dit qu'il campait à Londres, je l'aurais pris pour un dingue", s'amuse John Dixon, 43 ans, qui, d'ordinaire, vit dans le sud de l'Angleterre. Il fait partie de la cohorte des 70.000 bénévoles enrôlés pour les Jeux, sans indemnité. Comme lui, beaucoup ont planté leur tente ici, à trois stations de métro du parc olympique, dans l'est de la capitale, pour éviter les hôtels dont les prix ont flambé.

A dix livres (12,7 euros) la nuit par personne, quand on vient avec sa tente, la formule séduit, si on est pas trop regardant sur le confort. Dans ce camping temporaire, installé dans le club de rugby local pour la durée des Jeux, l'eau chaude peut manquer dans les douches aux heures de pointe, prévient la brochure.

Le bar du club fait office de salle commune. On y sert de la bière à siroter en regardant les athlètes à la télé, des "breakfasts complets" ou des pommes de terre farcies pour quelques livres. Juste à l'extérieur, dans les grands éviers communs, les campeurs, en tongs et en short, remplissent leur bidons d'eau ou lavent leur vaisselle.

"Ici, on est tout près de Stratford, ça ne coûte pas cher et il y a une ambiance incroyable", résume John Dixon. "On forme une petite communauté".

Quelque 300 tentes sont alignées sur la pelouse, entre les poteaux de rugby, et sur beaucoup flotte l'Union Jack. En ces temps d'austérité, le camping séduit aussi les familles britanniques en quête d'hébergement pour les Jeux.

"Londres est beaucoup plus cher que l'endroit où je vis" dans le nord, note John Monks, un instituteur. Lui qui prend chaque été dix jours de vacances avec son fils pour aller voir des compétitions sportives, n'aurait manqué pour rien au monde les JO. Et camper "était l'option la moins chère".

"Dans les hôtels, les premiers prix commencent à 200 livres", renchérit Dave Earl, qui est venu là avec sa famille.

Sur la dizaine de campings temporaires de ce type ouverts à Londres et dans ses environs pour la durée des Jeux sous la houlette de CampingNinja, un site de location d'emplacements par internet, 4.000 campeurs doivent se relayer, dont pas mal de touristes étrangers.

"On a des gens qui sont venus en taxi du Danemark, des Sud-Africains, presque toutes les nationalités européennes, des Australiens, des Malaisiens, des Brésiliens, tout le monde, vraiment", confirme le responsable d'Eton Manor, Paul Saunders, qui s'est lancé dans l'aventure pour aider son club de rugby à joindre les deux bouts.

Patrick Chalmel, un retraité français du Calvados (ouest), a, lui, enfourché son vélo depuis le débarcadère du ferry pour venir humer l'atmosphère des JO. "Je vois moins bien les Jeux que quand je les regarde chez moi à la télé, mais je ne vous parle pas de l'ambiance ici", quand les Britanniques gagnent des médailles. "Ils sont tous à crier, à boire", raconte-t-il.

"Il y a bien quelques inconvénients", reconnaît-il en regardant le ciel quand passe à grand bruit un n-ième avion au-dessus du camping. "Mais dans une capitale comme Londres, faut pas rêver, y'a pas d'endroits calmes".

Un peu plus loin, Lucas Middelhoff, 56 ans, déballe ses affaires de la voiture familiale pleine à craquer. Venu des Pays-Bas, il voulait aussi voir Londres pendant les Jeux. Mais sa femme a dû mal à cacher sa déception: "Je ne suis pas très optimiste", lâche-t-elle, accablée, en désignant les avions et la voie rapide.

na/dh/jr

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