Jeux Olympiques: ces athlètes qui oublient de rentrer au pays

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AFP

JEUX OLYMPIQUES - C'est un classique des grandes compétitions sportives, et donc des Jeux Olympiques: les délégations partent avec un nombre d'athlètes précis, qui n'est plus forcément le même au moment du retour au pays.

Londres n'a pas dérogé à la règle cette année. Le Cameroun a ainsi déjà perdu en route sept de ses engagés, dont il n'a plus de nouvelles depuis la semaine dernière. Une affaire qui embarrasse fortement Yaoundé. Aucun responsable au ministère des Sports n'a en effet souhaité s'exprimer sur le sujet et aucune explication n'a été fournie sur les raisons de cette défection.

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Précision importante: selon le quotidien camerounais Le Messager, les athlètes avaient tous déjà touché leur prime de participation aux JO (3800 euros)...

Pour Flaubert Mbiekop, économiste camerounais interrogé par le Guardian, la raison est claire:

"Les motivations de ces défections sont d'ordre économique. Regardez les conditions économiques au Cameroun et voyez comment le système est difficile pour la plupart des gens, particulièrement pour les athlètes qui ne reçoivent aucune aide de la part du gouvernement. Londres représente une chance; je ne suis pas du tout surpris qu'ils l'aient saisie."

Ce cas de fuites d'athlètes n'est pas une première aux Jeux Olympiques, une compétition qui se retrouve parfois étroitement liée à la politique et à l'histoire.

Par équipes entières

La "tradition" trouve naissance dans le contexte de la Guerre froide dans les années 50. Aux JO de Melbourne en 1956, 45 sportifs hongrois ouvrent le bal en demandant l'asile à l'Australie.

Autre défection majeure, en 1996 à Atlanta, presque toute l'équipe féminine de basket de l'ex-Zaïre profite de sa participation aux JO pour rester aux Etats-Unis, rappelle Le Figaro.

Les JO ne sont pas la seule compétition touchée. En 2001 par exemple, 106 athlètes ont réclamé l'asile politique au Canada après les Jeux de la francophonie. Après les Jeux du Commonwealth de 2002 en Angleterre, la Sierra Leone n'a récupéré que dix sportifs sur trente.

Mais c'est Cuba qui reste le champion en la matière, comme le rappelle le journaliste de RMC Gibert Brisbois sur son blog.

"Que ce soit lors des compétitions de base-ball, le sport national à Cuba, de foot, de volley ou lors des Jeux Olympiques, il est rare que les Cubains rentrent à la maison au complet...", écrit le journaliste.

En Corée du Nord, mieux vaut rentrer...

Et d'expliquer que le pays hésite régulièrement à envoyer ses équipes lors de grandes compétitions internationales, de peur que certains en profitent pour se faire la malle, et surtout que cela ne s'ébruite trop, notamment aux oreilles des opposants politiques du régime vivant à l'étranger.

Des athlètes manquant à l'appel, la Corée du Nord n'en a pas encore recensés à Londres. Et elle ne devrait pas connaître ce genre de problème dans le futur. En effet, si les sportifs de la nation tentaient la fuite pour échapper au régime de Pyongyang, leurs proches rejoindraient directement un camp de travail.

On espère aussi pour eux que leurs performances ont été à la hauteur: en 2010, après la Coupe du monde de football, l'entraîneur de la sélection avait été condamné à 14 heures de travaux forcés par jour pour ne pas avoir passé le premier tour...

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