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Hala Gezah, la Libyenne qui porte les nouvelles couleurs de son pays aux JO

09/08/2012 11:43 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

L'an dernier, elle avait dû interrompre son entraînement dans un stade de Tripoli à cause de la révolution dans son pays. Désormais, son "rêve de gamine" est devenu réalité: Hala Gezah, seule femme de l'équipe libyenne aux JO de Londres, a couru le 100 m dans le stade olympique.

"En 2008, on a pu s'entraîner normalement, mais avec la révolution c'était très difficile, l'entraînement était quasi inexistant", témoigne son coach, Abdullah Zaho, en survêtement aux nouvelles couleurs de son pays, rouge, vert et noir.

"On avait peur, se rappelle-t-il. On a eu beaucoup de problèmes surtout qu'il n'y avait pas de communication entre nous et la fédération locale, il n'y avait pas d'argent du comité olympique libyen", dirigé alors par Mohamed Kadhafi, l'un des fils du colonel Mouammar Kadhafi. "Ca a rendu notre tâche difficile."

En 2012, Hala n'a participé qu'à une seule course, lors des championnats d'Afrique d'athétisme en juin au Bénin. Elle n'a d'ailleurs pas réussi les minima pour se qualifier aux JO. Mais elle a pu participer aux Jeux au nom du principe de l'universalité olympique, qui permet à tous les comités olympiques nationaux d'être représentés en natation et athlétisme.

Le 3 août, dans le stade olympique, la jeune femme de 23 ans a fini cinquième de sa série, en courant le 100 m en 13 sec 24. Pas assez rapide pour être qualifiée.

"Je peux faire mieux", affirme-t-elle timidement. "Mais je suis honorée d'être la première femme athlète à défendre les couleurs du nouveau drapeau libyen", ajoute-t-elle d'un ton soudain plus assuré.

Même sentiment de la part de son entraîneur. "On représente vraiment la Libye maintenant", se réjouit-il.

Hala, étudiante en informatique, est engagée avec trois autres athlètes libyens. Sa participation a aussi une résonance familiale toute particulière.

Son père, footballeur dans un club amateur, l'a longtemps encouragée. Il est aujourd'hui décédé. A son arrivée à Londres, Hala a donc eu une pensée très émue pour lui, persuadée qu'il serait fier du parcours de sa fille.

Pour mettre toutes les chances de son côté, Hala n'a pas observé le ramadan au début de la compétition. "C'est trop dur de jeûner et de s'entraîner surtout que les jours sont longs ici", explique-t-elle, cheveux de jais mi-longs encadrant un visage aux lèvres pulpeuses. Mais "maintenant que la course est terminée, je jeûne", poursuit-elle, les yeux encore embués de sommeil.

Elle profite aussi de son temps libre pour faire quelques emplettes, un gros casque pour écouter de la musique, des souvenirs pour la famille et du maquillage.

"J'ai vécu les plus beaux jours de ma vie aux jeux Olympiques", dit-elle, sans une hésitation aucune, ce qui contraste avec son comportement effacé. "J'ai eu l'occasion de rencontrer les plus grands champions", raconte-t-elle. Y compris la légende du 100 m, le Jamaïcain Usain Bolt, qui a accepté de poser pour une photo à ses côtés, dans le réfectoire du Village olympique.

Elle rêve maintenant de pouvoir aller aux JO de Rio et prend un engagement: "Je promets au peuple libyen que prochainement il y aura des athlètes sur le podium."

bed/dh/sg

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