MIRABEL, Qc - Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) veut que les jeunes du secondaire passent une heure par jour de plus à l'école et y fassent des activités sportives, culturelles ou de l'aide aux devoirs.

François Legault a fait cette annonce, jeudi, en cette neuvième journée de campagne électorale, à Mirabel, au milieu de ses candidats issus du milieu de l'enseignement.

La mesure coûterait quelque 290 millions $ à terme, puisqu'elle serait implantée progressivement sur cinq ans à compter de l'année scolaire 2014-2015. Ces activités seraient d'abord implantées dans les milieux défavorisés, où le taux de décrochage est souvent plus élevé.

De plus, l'école commencerait dans certains cas un peu plus tard, de façon à ce qu'en général, elle soit davantage modelée sur l'horaire des parents travailleurs, c'est-à-dire le «9 à 5».

«Les fameux autobus jaunes ne partiront plus de nos écoles à 15h30; ils vont partir de nos écoles à 17h. Ça c'est important; c'était demandé depuis longtemps», a lancé M. Legault.

À ses yeux, il s'agit tant d'une mesure de conciliation travail-famille que d'une mesure destinée à combattre le décrochage scolaire.

Fait à noter, les enseignants ne seraient pas contraints de rester jusqu'à 17h s'ils ne le désirent pas. «Ce sera sur une base volontaire», assure M. Legault. Ceux qui accepteraient de le faire recevraient une augmentation de salaire. «Ça va être négocié avec les syndicats. Cette heure additionnelle ne sera pas exigée des enseignants.»

M. Legault a aussi parlé de l'embauche de «nouveau personnel de l'extérieur» pour dispenser ces services supplémentaires. Dans certains cas, d'ailleurs, de l'aide aux devoirs est déjà dispensée par des bénévoles.

«Il faut que l'école, ce soit le fun. Il faut qu'il y ait un sentiment d'appartenance», a lancé M. Legault, qui croit que ce sentiment d'appartenance favorise le maintien à l'école.

Plus tard dans la journée, quand il a rencontré des parents à Mirabel et un «citoyen inquiet» de l'état du Québec, Carl Bastien, de Mascouche, qui lui a posé des questions en son nom et au nom d'autres citoyens, M. Legault a expliqué que la mesure aiderait particulièrement les jeunes hommes qui ont beaucoup d'énergie à dépenser et ont besoin davantage d'activité physique pour être attentifs en classe.

Et à Blainville, la candidate de la CAQ dans Repentigny, Chantal Longpré, ex-présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements, a expliqué que cette aide aux devoirs et ces activités parascolaires étaient déjà offerts en partie, mais qu'il fallait généraliser le système. «Ce que la Coalition propose, c'est justement que ça devienne obligatoire partout.»

Pour dispenser ces services, la CAQ compte faire appel, par exemple, aux fédérations sportives, aux stagiaires en enseignement, aux enseignants qui n'ont pas une tâche complète.

«Il y a des parents qui n'ont pas toujours la possibilité, pour plusieurs raisons, d'aider leurs enfants. Si ça se fait à l'école, la période d'aide aux devoirs va être plus pointue sur certaines matières, comme les mathématiques», avance Mme Longpré.

Elle ne croit pas que la CAQ aura de la difficulté à convaincre les enseignants d'embarquer. «La majorité des enseignants, même non payés, sont toujours à l'école plusieurs heures (de plus) que la tâche qui est demandée», puisqu'ils aident leurs étudiants, préparent leurs cours, rapporte la candidate de la CAQ.

Du côté syndical, la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, affiliée à la CSQ, Manon Bernard, a elle aussi confirmé que de telles mesures existaient déjà dans plusieurs écoles secondaires. La nouveauté, à ses yeux, réside dans l'implantation à raison d'une heure par jour partout.

«Ajouter une heure de plus, là où ça devient irréaliste, c'est quand on regarde la réalité géographique du Québec. Finir à 5h, ça veut dire que des élèves arriveraient chez eux à 6h», souligne-t-elle.

Elle rapporte aussi que les enseignants «ont déjà une tâche très lourde et ils en font déjà du surplus» pour répondre aux besoins des jeunes.

Sondage

Par ailleurs, M. Legault a brièvement commenté un sondage qui laisse entendre un gain notable de la popularité de la Coalition avenir Québec.

«J'ai toujours dit, même quand ça allait bien ou que ça allait mal, qu'il faut être prudent avec les sondages. On a un électorat qui est très volatil, actuellement; on est en plein mois d'août. On est en train de faire connaître nos propositions, donc il faut être très prudents», a-t-il affirmé.

Cadre financier

M. Legault a été piqué au vif par une déclaration moqueuse de Jean Charest voulant qu'il ait annoncé 4,3 milliards $ de dépenses depuis le début de sa campagne électorale.

«C'est le même gars qui voulait faire le ménage dans les finances publiques et qui, dans la première semaine de campagne, dépense 4,3 milliards $. On a une semaine de faite, alors... Les Québécois jugeront», s'est exclamé le chef libéral.

M. Legault lui a répondu avec le même sarcasme. «Je commence à comprendre pourquoi la dette du Québec, il y en a le tiers qui vient de la période de Jean Charest.»

Il lui reproche de «s'être trompé de 1,5 milliard $» dans son évaluation des engagements de la CAQ. «Jusqu'à présent, les engagements qu'on a pris totalisent 2,8 milliards $ à terme, dans cinq ans», assure celui qui est comptable agréé de formation.

Il a ajouté que c'est «au cours des prochains jours» qu'il détaillera «exactement» où la CAQ «va couper pour aller chercher ces 2,8 milliards $». Il a déjà toutefois promis des compressions dans les agences de santé, chez Hydro-Québec et dans les commissions scolaires.

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  • Jean Charest - Parti libéral du Québec

    Né à Sherbrooke le 24 juin 1958 Marié, père de trois enfants Formation en droit. Admis au Barreau du Québec en 1981. Avant d'entrer en politique: pratique le droit à Sherbrooke Entrée en politique: en 1984, candidat pour le Parti progressiste-conservateur du Canada dans Sherbrooke. Élu député fédéral lors des élections générales à l'âge de 26 ans. <strong>Carrière politique: </strong> Au fédéral, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse en 1986 à l'âge de 28 ans. Devient le plus jeune membre d'un cabinet fédéral. Il est ensuite ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur, leader adjoint du gouvernement, président du Comité parlementaire spécial pour le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord du lac Meech, ministre de l'Environnement, ministre de l'Industrie et des Sciences, vice-premier ministre, candidat au leadership du Parti progressiste-conservateur du Canada en 1993, chef du Parti progressiste-conservateur, vice-président du Comité national des Québécois pour le Non pendant la campagne référendaire au Québec en 1995. Au plan provincial: il devient chef du Parti libéral du Québec en avril 1998 et chef de l'opposition officielle en décembre de la même année, il est assermenté comme premier ministre du Québec le 29 avril 2003, de nouveau le 18 avril 2007 et le 18 décembre 2008.

  • Pauline Marois - Parti québécois

    Née à Québec le 29 mars 1949 Mariée et mère de quatre enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social, Université Laval et maîtrise en administration des affaires (MBA) aux HEC, Université de Montréal Avant d'entrer en politique: consultante budgétaire, responsable du service animation, coordonnatrice du cours en assistance sociale, directrice générale d'un CLSC, attachée de presse, consultante, directrice de cabinet, professeur à l'Université du Québec à Hull <strong>Carrière politique</strong>: députée de La Peltrie de 1981 à 1985, puis députée de Taillon de 1989 à 2006, puis députée de Charlevoix depuis 2007. Elle a été ministre d'État à la Condition féminine, de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, présidente du Conseil du trésor, ministre des Finances et ministre du Revenu, ministre responsable de la Famille, ministre de l'Éducation, ministre de la Famille et de l'Enfance, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, vice-première ministre.

  • François Legault - Coalition avenir Québec

    Né à Sainte-Anne-de-Bellevue le 26 mai 1957 Marié, père de deux enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires (comptabilité publique), MBA en finances des HECAvant la politique: directeur du marketing chez Québécair, cofondateur d'Air Transat en 1986, en devient le pdg jusqu'en 1997. Administrateur de sociétés comme Provigo, Culinar, Sico. Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec. <strong>En politique</strong>: élu député péquiste de Rousseau en novembre 1998. Réélu en 2003, 2007 et 2008. Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Éducation et aux Jeunes, ministre de l'Éducation, ministre d'État à l'Éducation et l'Emploi, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux. En 2011, il fonde un nouveau parti, la Coalition avenir Québec.

  • Françoise David - Québec solidaire

    Née à Montréal en 1948 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social (organisation communautaire) de l'Université de MontréalAvant la politique: travaille en service social dans le quartier centre-sud de Montréal, coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Elle organise notamment la Marche des femmes contre la pauvreté «Du pain et des roses» et la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence en 2000. <strong>En politique</strong>: porte-parole du mouvement Option citoyenne, puis porte-parole de Québec solidaire lors de sa création en 2006. Candidate pour Québec solidaire en 2007 et 2008 dans Gouin où elle termine deuxième.

  • Amir Khadir - Québec solidaire

    Né le 12 juin 1961 à Téhéran, en Iran. Immigre au Québec à l'âge de 10 ans. Marié et père de trois filles. <strong>Formation</strong>: baccalauréat en physique Université de Montréal, maîtrise en physique Université McGill, doctorat en médecine Université Laval, spécialité en microbiologie-infectiologie Université de MontréalCarrière avant la politique: médecin microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier Pierre-Le-Gardeur à Lachenaie. A fait partie de la Coalition des médecins pour la justice sociale, a fait des missions pour Médecins du monde en Irak, en Afghanistan et en Palestine. A présidé le conseil d'administration du SUCO. <strong>Carrière politique</strong>: candidat du Bloc québécois dans Outremont en 2000, candidat de l'Union des forces progressistes dans Mercier en 2003, premier député élu de Québec solidaire dans Mercier en 2008

  • Jean-Martin Aussant - Option nationale

    Né à Sorel-Tracy le 1er juin 1970 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires et études en actuariat, Université Laval; maîtrise en sciences économiques, Université de Montréal; études au doctorat en analyse économique, Université Autonoma de Barcelone, Espagne. Avant d'entrer en politique: agent de recherche au CIRANO, vice-président Morgan Stanley Capital International, gestionnaire de portefeuille principal, Investissements PSP. <strong>Carrière politique</strong>: élu député de Nicolet-Yamaska aux élections générales du 8 décembre 2008 sous la bannière du Parti québécois. Porte-parole de l'opposition officielle pour les dossiers de développement économique, institutions financières, commerce international. Il quitte le Parti québécois en juin 2011, siège comme indépendant, puis annonce la création d'Option nationale.

  • Répartition des 125 sièges à la dissolution de l'Assemblée nationale

    Parti libéral du Québec (forme le gouvernement): 64 députés Parti québécois (forme l'opposition officielle): 47 députés Coalition avenir Québec: 9 députés Option nationale: 1 député Québec solidaire: 1 député Indépendants: 2 députés Circonscriptions vacantes: 1 (Bourassa-Sauvé) <strong>Résultats du scrutin du 8 décembre 2008</strong> Parti libéral du Québec: 1 366 046 votes (42,08 %) Parti québécois: 1 141 751 votes (35,17 %) Action démocratique/Équipe Mario Dumont: 531 358 votes (16,37 %) Québec solidaire: 122 618 votes (3,78 %) Taux de participation: 57,43 % ou 3 295 914 votes Bulletins valides: 3 246 333 ou 98,5 %


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  • Pauline Marois et sa candidate Djemila Benhabib, victime de racisme de la part du maire de Saguenay Jean Tremblay

  • Jean Charest présente des engagements envers les jeunes

  • Jean Charest à la rencontre de futurs électeurs

  • Jean Charest pendant le congrès des Jeunes libéraux

  • Pauline Marois prend une petite fille dans ses bras

  • Pauline Marois a fait allusion au poids du candidat caquiste Gaétan Barrette

  • François Legault prononce un discours

  • François Legault visite une entreprise de tomates biologiques

  • Jean Charest présente ses engagements pour les enfants fréquentant l'école primaire

  • Jean Charest visite un établissement industriel

  • François Legault dans une épicerie

  • François Legault répond aux questions des journalistes

  • Pauline Marois, bébé dans les bras

  • Pauline Marois promet l'intégrité dans son équipe à la suite d'un discours

  • Manon Massé, la députée de Québec solidaire qui fait bien jaser

  • Jacques Duchesneau est présenté comme nouveau candidat

  • Legault tout sourire: Jacques Duchesneau serait candidat pour la CAQ.

  • Gaétan Bolduc... heu, Barrette.

  • Jean Charest et son candidat Alain Paquet

  • Jean Charest auprès de futurs électeurs

  • Jean Charest à Saint-Hyacinthe

  • Pauline Marois prononce un discours

  • Pauline Marois se rend au marché Atwater

  • ...et prend le métro avec Léo.

  • Le député indépendantiste Pierre Curzi prête main-forte à Jean-Martin Aussant

  • Le chef d'Option nationale auprès de ses partisans

  • Léo Bureau-Blouin et Pauline Marois annoncent les promesses du PQ en matière d'éducation

  • Jean Charest en entrevue à Radio X, à Québec

  • François Legault avec la candidate Sylvie Roy et Maude Cohen

  • François Legault avec la candidate Sylvie Roy et Maude Cohen

  • Amir Khadir et François David le jour du déclenchement des élections

  • Jean Charest annonce le déclenchement des élections


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  • Une affiche électorale bien placée!

  • Reservoir Dogs, version libérale

  • Un air de ressemblance avec la famille Slomeau?

  • On sourit!

  • L'économie d'abord ou... quoi?

  • Sarko se marre, Charest se barre.

  • OK, on joue. Suis-je un animal? Un objet? Est-ce que j'ai les cheveux frisés?

  • Oh, là, je t'ai cassé!

  • Un p'tit banc, peut-être?

  • Gaz de schiste: Wo!

  • Une oeuvre contemporaine... mal placée

  • Le retour de BiBi

  • Peace.

  • Attention, elle va tomber sur le micro...

  • C'est ce qu'on appelle avoir les deux yeux dans la graisse de bine

  • Père Noël, pouvez-vous devancer mon cadeau cette année?

  • Pas sûre que je veux y toucher...

  • Oh, le beau chapeau!

  • Mais où avais-je la tête? Ah oui! Entre deux jongleurs!

  • Pauline est contente

  • Un supporter... un peu trop affectueux

  • Un jeune qui ne pense qu'à la "belle vie"

  • Ce n'est pas le salut que vous croyez

  • Passionnant, passionnant...

  • Eh boy, des élections? Pas déjà!

  • Le gars à côté, il fait des niaiseries gros comme ça!


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  • 7 novembre 1998

    François Legault a été nommé ministre de l'Industrie et du Commerce par Lucien Bouchard, mais devait d'abord être élu. On le voit ici lors d'un rassemblement à Saint-Roch-de-l'Achigan avec sa femme. (PC/Paul Chiasson)

  • 23 février 2000

    Au Sommet du Québec et de la jeunesse, avec son premier ministre Lucien Bouchard et Jean Charest, alors chef de l'opposition. (CP PHOTO/Jacques Boissinot)

  • 13 novembre 2001

    François Legault, alors ministre de l'Éducation et de l'Emploi, félicite deux nouveaux venus au cabinet des ministres, Rita Dionne-Marsolais et Richard Legendre. (CP PHOTO/Jacques Boissinot)

  • 12 janvier 2009

    La chef de l'opposition Pauline Marois en compagnie de François Legault, alors critique péquiste en matière de Finances. (PC/Jacques Boissinot)

  • 25 juin 2009

    François Legault quitte l'Assemblée nationale après avoir annoncé son retrait de la vie politique. (PC/ Jacques Boissinot)

  • 21 février 2011

    L'ancien ministre François Legault et l'homme d'affaires Charles Sirois annoncent la création de la Coalition pour l'avenir du Québec, qui deviendra par la suite un parti. (PC/Jacques Boissinot)

  • 14 novembre 2011

    François Legault dévoile les couleurs de son nouveau parti, la Coalition avenir Québec. (PC/Jacques Boissinot)