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France: Sarkozy crée la polémique sur la Syrie, le gouvernement réplique

09/08/2012 04:30 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

L'ex-président français Nicolas Sarkozy a créé la polémique par ses critiques implicites de la politique de la France face à la Syrie, irritant le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius qui estime attendre "autre chose de la part d'un ancien président".

"Je suis étonné que M. Sarkozy souhaite susciter une polémique sur un sujet aussi grave, alors qu'on attendrait autre chose de la part d'un ancien président", a déclaré M. Fabius dans un entretien publié vendredi par le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui.

Trois mois seulement après sa défaite à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a cessé sa cure de silence, mardi, pour mettre en cause implicitement l'attitude de François Hollande face à la crise syrienne.

Il s'est entretenu longuement par téléphone avec le président du Conseil national syrien (principal organe de l'opposition), Abdel Basset Sayda, et les deux hommes ont fait savoir qu'ils avaient la même analyse "sur la gravité de la crise syrienne et sur la nécessité d'une action rapide de la communauté internationale pour éviter des massacres".

MM. Sarkozy et Sayda ont évoqué "de grandes similitudes avec la crise libyenne", théâtre en 2011 d'une intervention militaire internationale dont la France avait été le fer de lance, sous-entendant ainsi qu'une intervention militaire pourrait être appropriée en Syrie.

M. Fabius a répliqué que "sur le fond, la situation de la Syrie est très différente de celle de la Libye", "d'abord d'un point de vue géostratégique puisque la Syrie est entourée, comme chacun devrait le savoir, de l'Irak, du Liban (avec les conséquences sur Israël), de la Turquie et de la Jordanie". D'autre part, "les situations militaires ne sont pas du tout les mêmes : la Syrie dispose de stocks d'armes importants, notamment chimiques", a-t-il dit.

"Les différences sont si manifestes qu'aucun pays n'a demandé ni souhaité une intervention militaire (...). Tout ceci fait que je suis surpris qu'on puisse avoir exercé d'importantes responsabilités et livrer une analyse aussi rapide", a ajouté M. Fabius.

Le chef de la diplomatie française s'est interrogé sur les raisons de l'intervention de l'ex-président: est-ce "pour ne pas se faire oublier?" ou "parce qu'il n'a pas que des bons souvenirs avec Bachar al-Assad qu'il avait, avec un sens de l'anticipation particulier, invité en France pour présider les cérémonies du 14 juillet 2008?"

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a souligné pour sa part que l'ancien chef de la diplomatie Alain Juppé avait "affiché en permanence la différence entre la situation libyenne et la situation syrienne".

Les éditorialistes de la presse française ont globalement désapprouvé la prise de position de l'ex-président. Le Figaro a toutefois jugé que Nicolas Sarkozy, "en rappelant le rôle qui fut le sien en Libye", se faisait l'écho de "la frustration générale ressentie devant tant d'impuissance" en Syrie.

Le quotidien régional L'Alsace a au contraire commenté: "en réalité, tout ceci ressemble fort à de la gesticulation".

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