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Démission du président de la banque chypriote en crise Popular Bank

09/08/2012 10:01 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

Le président de la banque chypriote en crise Popular Bank a démissionné jeudi, indiquant que le gouverneur de la Banque centrale lui avait conseillé de prendre cette décision.

Michalis Sarris, un ancien ministre des Finances chypriote, a précisé que le gouverneur de la Banque centrale Panicos Demetriades lui avait "verbalement" fait part de son opinion selon laquelle il serait mieux pour lui de démissionner en lui précisant qu'il s'agissait également de la position du gouvernement.

"Considérant qu'il s'agit de la volonté de l'institution de supervision et d'un actionnaire important de la banque, je dois certainement la respecter. Ce n'est pas le moment de faire d'autres commentaires", a indiqué M. Sarris dans un communiqué.

Popular Bank est la banque chypriote la plus touchée par les conséquences de la crise grecque en raison de l'importance des titres de dette grecs dévalués dans son bilan.

Ses besoins pour satisfaire aux exigences de solvabilité des autorités de supervision bancaire européennes sont estimés à 1,8 milliard d'euros. Popular Bank avait lancé au printemps une émission pour les couvrir, souscrite en majeure partie par le gouvernement qui est devenu du même coup son principal actionnaire.

Selon les médias chypriotes, le président communiste Demetris Christofias voulait se débarrasser de Michalis Sarris, perçu comme hostile à sa politique économique et proche de l'ancien gouverneur de la Banque centrale Athanasios Orphanides.

Le gouvernement de M. Christofias reproche notamment à M. Orphanides de ne pas avoir assez mis en garde les banques contre les dangers liés à l'accumulation de titres de dette grecs.

La République de Chypre, qui rassemble la population hellénophone de l'île, a pris de plein fouet la crise en Grèce, pays dont elle est très proche économiquement et culturellement.

Elle n'a plus accès aux marchés financiers en raison des abaissements successifs de sa note par les agences de notation et a sollicité en juin l'aide de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI.

Une "troïka" constituée de représentants de ces trois institutions s'est déjà rendue à deux reprises sur l'île méditerranéenne et doit remettre en septembre un rapport détaillant les mesures que doit prendre Nicosie pour redresser son économie et sauver ses banques.

Selon un rapport d'audition de la troïka par la Commission des Finances du parlement chypriote fin juillet repris par les médias chypriotes, les membres de la troïka ont affirmé aux parlementaires que l'économie chypriote était encore plus fragile et menacée qu'initialement estimé.

Chypre est entrée dans l'Union européenne en 2004 et dans la zone euro en 2008. Elle exerce actuellement la présidence semestrielle de l'Union européenne.

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