Avec Pour amuser la Galerie, sa nouvelle exposition, Diane Dufresne nous transporte dans son univers éclaté, coloré, aux limites du cartoon, aux dires de la principale intéressée. À quelques jours de son vernissage officiel, qui se tiendra le 15 août, la chanteuse et artiste-peintre s'est confiée au Huffington Post Québec sur ce projet, qui l'accapare depuis le début de l'année 2012.

À compter du 16 août et jusqu'au 7 octobre, une trentaine de toiles, 15 dessins et trois œuvres conceptuelles, attendront les visiteurs qui se pointeront à la Galerie Lounge TD de la Maison du Festival Rio Tinto Alcan. Les admirateurs de la diva québécoise y retrouveront les traits caractéristiques de l'imaginaire de leur idole, c'est-à-dire de joyeux personnages affublés de costumes excentriques. Certaines figures se veulent pulpeuses, sexy, tandis que d'autres penchent plutôt vers le drame et sont plus gestuelles. Et, justement, ce nouvel effort de la grande dame d'ici se révèle un peu plus figuratif que ses précédents, selon son conjoint et grand complice professionnel, Richard Langevin.

« J'ai le show-business en moi, a clamé Diane Dufresne lorsqu'interrogée sur le fil conducteur qui relie toutes ses créations. Amuser la galerie, c'est un thème amusant et humoristique. Je garde toujours la même personnalité. J'aime faire des concepts. La peinture est une façon pour moi d'interpeller le public, de lui parler d'une autre manière. »

Lorsque l'interprète d'Oxygène parle des êtres qui peuplent son monde intérieur et qu'elle met ensuite en images, elle les appelle affectueusement ses « monstres ». « Ce sont des monstres, parce qu'ils ont de grosses têtes, des yeux disproportionnés... Même les femmes, je les appelle mes monstres, parce qu'elles ont de petites jambes et de gros, gros souliers. Ce sont des personnages affreux, beaux ! C'est comme un enfant qui, pendant une période, dessine toujours les mêmes bonhommes. Quand un enfant dessine, ce n'est pas anodin. Il y a beaucoup d'instinct, de pureté. C'est mon style à moi, je n'en connais pas d'autres.»

Ce n'est pas un hasard non plus si les protagonistes qui prennent vie sous ses doigts sont principalement de sexe féminin. « Je ne dessine pas beaucoup d'hommes. J'aime beaucoup les femmes, parce qu'elles ont des rondeurs. J'ai toujours fait beaucoup de femmes mais, cette fois, j'ai ajouté des hommes. Il y a une toile qui est érotique; donc, ça prenait un homme là-dedans! »

En mettant sur pied sa nouvelle présentation, Diane Dufresne a dépoussiéré des tableaux datant des années 1980, qu'elle croyait à l'origine ne jamais montrer. Le fruit de son labeur passé et présent sera dévoilé au grand public lors de la soirée de vernissage. Si les médias sont convoqués à 17h (et auront droit, a laissé entendre Richard Langevin, a une mise en scène digne des plus belles folies de son amoureuse au moment d'accorder les entrevues), monsieur et madame tout le monde pourront aller serrer la pince de l'icône à partir de 19 h.

Pour amuser la Galerie est proposée en collaboration avec le Festival international de jazz de Montréal. Diane Dufresne avait exposé son œuvre Les triplettes de Montréal dans le même contexte, en juin 2011, à l'Espace Georges-Émile-Lapalme de la Place des Arts.

Pas d'album... pour l'instant !

Si elle a davantage joué du pinceau que du micro dans les derniers mois, Diane Dufresne n'a pas mis une croix sur la scène pour autant. Au printemps, l'étoile de la chanson s'est commise à quelques reprises à Québec, en compagnie de l'ensemble Les Violons du Roy, à l'occasion de concerts-bénéfices. L'expérience a été concluante à un point tel que la vedette et l'orchestre remettront ça et s'offriront une mini-tournée de la province, en décembre. Ils s'arrêteront notamment le 9 décembre à la Maison symphonique, à Montréal.

« Les Violons du Roy sont tellement exceptionnels !, a louangé la tête d'affiche. Ils sont merveilleux. Ce sont des musiciens classiques, avec une attitude contemporaine. Je vais travailler le spectacle, ajouter des pièces, faire d'autres arrangements... Je vais revisiter mon matériel. »

Par contre, Diane Dufresne ne caresse pas l'ambition d'enregistrer un nouveau disque prochainement. Pour l'instant, du moins. « Si je ne fais pas d'album, c'est parce que je trouve ça lourd, a-t-elle expliqué. On me demande souvent de faire des albums, mais on ne peut pas simplement faire un disque à tous les deux ans et présenter un spectacle. Ça, je l'ai suffisamment fait. Je vais avoir 68 ans et ça fait près d'une décennie que je n'arrête pas. Mais il y a toujours des projets ! Il faut seulement que je prenne le temps d'y penser.»

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  • Son tableau "On joue à quoi?"

  • Son tableau "L'effet papillon"