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Deux associations étudiantes promettent des appuis de l'extérieur aux grévistes

09/08/2012 12:39 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Des étudiants de partout au Québec, de l'Ontario et même des États-Unis seraient déjà mobilisés et prêts à venir aider leurs collègues à bloquer l'accès aux institutions où les votes de grève seraient reconduits en dépit de la loi spéciale.

«Le mouvement a rayonné à travers le monde entier», a indiqué jeudi Frank Lévesque-Nicol, de l'Association facultaire étudiante des sciences humaines de l'UQAM (AFESH-UQAM).

«En Amérique du Nord, il y a des gens qui commencent sérieusement à songer à faire une grève générale. Donc les gens sont très très intéressés par ce qui s'est passé au Québec. Il faut savoir aussi qu'ils paient des frais de scolarité énormes parce qu'ils n'ont pas réussi auparavant à se battre pour les faire baisser.»

Il a expliqué que des camps de formation pour futurs manifestants ont été tenus à Toronto.

«Il y a des intentions très fermes, des autobus organisés pour venir nous aider à piqueter. Il y en a de l'université York, l'université de Toronto, des universités à Guelph, London, à Kingston et d'autres qui vont venir même d'aussi loin que Thunder Bay.»

«Aux États-Unis, il y a le National Student Power Convention en Ohio qui va se regrouper», a-t-il poursuivi. «C'est à cause de tout le brassage de la grève étudiante au Québec (...) Il y a même un projet de grève étudiante internationale simultanée pour montrer notre solidarité avec les autres mouvements de grève.»

Les représentants de l'AFESH-UQAM et de l'Association étudiante du cégep Saint-Laurent (AECSL) avaient convoqué les médias jeudi pour appeler les étudiants qui étaient en grève au printemps dernier à reconduire ces mandats malgré l'élection à venir.

«On appelle fermement toutes les associations étudiantes à poursuivre la grève en dépit des élections, en dépit de la loi spéciale qui est appliquée», a lancé Caroline Tanguay, également de l'AFESH-UQAM. «On invite à défier cette loi par la désobéissance civile et la résistance.»

Cet appel survient alors que le mouvement semble perdre de la vigueur: jeudi, les étudiants du cégep André-Laurendeau ont voté à 75 pour cent pour mettre un terme définitif à la grève. Encore une fois, cependant, le taux de participation était plutôt faible puisque seulement quelque 350 étudiants sur environ 3000, soit 11,7 pour cent, se sont présentés à l'assemblée générale.

Plus tôt cette semaine, les étudiants des cégeps de Valleyfield et Marie-Victorin ont choisi de retourner temporairement en classe et de tenir un autre vote après l'élection du 4 septembre.

Les représentants des deux associations étudiantes estiment toutefois que la grève doit se poursuivre et restent de marbre devant la possibilité d'une victoire du Parti québécois, qui a promis d'abroger la Loi 12 et d'annuler la hausse des droits de scolarité.

D'une part, certaines associations — comme l'AFESH-UQAM — ont un mandat de grève générale illimitée jusqu'à l'obtention de la gratuité scolaire, une revendication qui ne pourrait être satisfaite que par l'élection de Québec solidaire. D'autre part, les porte-parole ont dit ne pas faire confiance au PQ

«Le Parti québécois ne propose pas d'abroger la hausse des frais de scolarité en tant que telle», a nuancé Maxence L. Valade, de l'AECSL. «Il propose de l'abroger pour un certain temps, de faire des états généraux à l'intérieur desquels il va lui-même proposer l'indexation à l'inflation des frais de scolarité. Nous avons des mandats qui divergent de ça.»

«Le Parti québécois promet en ce moment des choses et ces choses-là n'arriveront peut-être pas», a renchéri Caroline Tanguay. «Et il faut peut-être rappeler, ça fait quand même 15 ans de ça, qu'en 1996 le parti politique qui était au pouvoir et qui a imposé la hausse des frais de scolarité c'était le Parti québécois.»

La CLASSE a indiqué depuis le début qu'elle ne donnerait pas de mot d'ordre en ce sens mais les deux associations étudiantes, qui y sont affiliées, disent avoir obtenu des mandats de leurs propres assemblées générales pour le faire.

De son coté, la Fédération des cégeps appelle les étudiants à participer en grand nombre aux assemblées générales de leurs associations dans les cégeps affectés mais pour les raisons contraires.

La fédération dit ne plus avoir aucune marge de manoeuvre pour le réaménagement du calendrier, ce qui signifie que les sessions devront être annulées si elles devaient être perturbées à nouveau.

Quatorze des 48 collèges québécois sont dans cette situation. Les autres entameront une session normale aux dates habituelles du calendrier scolaire.

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