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Crise du homard: les usines obtiennent une injonction contre les pêcheurs

09/08/2012 05:12 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

FREDERICTON - Les usines de transformation de homard du Nouveau-Brunswick ont obtenu jeudi une injonction interdisant aux pêcheurs qui manifestent contre l'importation de homards du Maine de bloquer l'accès à leurs installations, a annoncé le premier ministre de la province, David Alward.

En entrevue jeudi, M. Alward a dit espérer que l'ordonnance d'une durée de 10 jours prononcée par un tribunal permettrait de résoudre le conflit sur les prix du homard afin que les usines puissent continuer à transformer le crustacé et à créer de la richesse non seulement au Nouveau-Brunswick, mais aussi dans toute la région.

«Nous devons régler cela par le dialogue et non avec les moyens saugrenus que les pêcheurs ont tenté d'utiliser plus tôt», a-t-il affirmé.

L'injonction constitue le plus récent revirement dans la crise qui a atteint un point critique la semaine dernière lorsque des pêcheurs ont organisé des manifestations à Cap-Pelé et à Shédiac, au Nouveau-Brunswick, en plus d'empêcher des camions de livrer des crustacés provenant du Maine à trois usines.

Vendredi dernier, les transformateurs de homards de la province avaient accepté de payer aux pêcheurs un minimum de 2,50 $ la livre pour leurs prises destinées à la transformation, et de 3 $ la livre pour celles vendues vivantes sur le marché.

Mais l'Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) a affirmé que ses membres du Nouveau-Brunswick avaient besoin de 4 $ la livre pour tous leurs homards afin de rentabiliser leurs activités.

Le syndicat n'a pas donné suite aux demandes d'entrevue jeudi.

David Alward a reconnu que le conflit avait éprouvé les relations entre sa province et l'État du Maine, où la sénatrice républicaine Olympia Snowe a demandé à la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, d'aborder le sujet avec le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird.

«Je pense qu'il est clair que cela ne facilite pas les choses», a indiqué M. Alward.

Il a ajouté qu'environ 60 pour cent du homard transformé au Nouveau-Brunswick provenait d'autres juridictions et que la province exportait 85 pour cent de ce homard aux États-Unis.

«Alors, c'est très équilibré, a commenté le premier ministre. Et la capacité de nos transformateurs de continuer à transformer ce homard, peu importe qu'il provienne du Maine ou du Nouveau-Brunswick, est très importante non seulement pour eux mais aussi pour toute l'industrie, y compris les pêcheurs.»

Le gouvernement provincial a refusé de compenser le manque à gagner des pêcheurs, soutenant qu'il n'avait aucun intérêt à combler cette lacune et que cela créerait un précédent. Il a plutôt proposé de prolonger son programme de prêt, offre que l'UPM a rejetée.

La saison de la pêche au homard devait s'amorcer jeudi dans le détroit de Northumberland, au sud du golfe du Saint-Laurent, mais Ottawa a repoussé l'ouverture à lundi à la demande des pêcheurs.

Les représentants de l'UPM doivent rencontrer le ministre fédéral des Pêches et des Océans, Keith Ashfield, vendredi.

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