QUÉBEC - Jean Charest a affirmé jeudi avoir la «conscience en paix» malgré les graves sous-entendus dont il a fait l'objet la veille dans un reportage de Radio-Canada.

En point de presse à Québec, le chef libéral n'a pas écarté la possibilité d'intenter un recours contre la société d'État mais pas d'ici la fin de la campagne électorale.

«Je suis en campagne électorale pour gagner la confiance des Québécois le 4 septembre et je ne veux pas être distrait de la campagne. Je peux vous dire une chose, ce matin, j'ai la conscience en paix et je ne pense pas que ce soit la même chose à la Société Radio-Canada», a-t-il déclaré.

Pour la suite des choses, «je n'ai rien exclu mais je ne suis pas là-dedans», a précisé le leader du Parti libéral du Québec (PLQ) à propos d'une éventuelle plainte contre Radio-Canada.

Mercredi, la campagne des libéraux a été foudroyée par un reportage-choc de Radio-Canada relatant l'interruption de la filature policière d'un ancien dirigeant de la FTQ-Construction, Eddy Brandone, après une brève rencontre de ce dernier avec le premier ministre le 6 mars 2009 dans un hôtel de Dorval.

La rencontre, fortuite selon le premier ministre, s'est déroulée en marge d'une réunion ministérielle avec des leaders inuits.

Sans jamais accuser directement M. Charest, les auteurs du reportage laissent planer la thèse d'une intervention politique auprès de la Sûreté du Québec pour qu'elle cesse de suivre M. Brandone, un militant libéral de longue date et une connaissance du premier ministre.

Comme il l'a fait la veille, M. Charest a nié catégoriquement s'être immiscé dans les affaires de la Sûreté du Québec. Il s'en est plutôt pris à l'éthique journalistique de la société d'État.

«En privé, des journalistes et des anciens journalistes de Radio-Canada nous ont exprimé leur malaise et ils ont raison (...) Ce reportage n'aurait jamais dû être fait, en pleine campagne électorale», a pesté le chef libéral.

«Je ne suis jamais informé des enquêtes, aucune enquête et je n'interviens jamais dans des enquêtes. J'ai toujours compris que c'était comme ça et il faut que ce soit comme ça», a-t-il poursuivi.

Aux yeux de M. Charest, le moment choisi pour télédiffuser ce reportage soulève aussi des questions sur la neutralité de Radio-Canada en pleine campagne électorale.

«Disons que le 'timing' est choisi. C'est Radio-Canada qui prend la décision sur le 'timing' de ses reportages. Je constate. On est en campagne électorale quand même», a-t-il déclaré.

En outre M. Charest a rappelé qu'une source citée dans un quotidien montréalais jeudi contredit la thèse de l'intervention politique. Cette source anonyme soutient que l'interruption de la filature «n'a rien à voir avec le fait que de manière fortuite on se soit croisé», a fait valoir le leader libéral au sujet de son échange avec M. Brandone.

Du reste, M. Charest a admis avoir rencontré le syndicaliste Brandone en mars 2009, mais il n'a gardé aucun souvenir précis de leur conversation.

Était-ce prudent de converser avec un individu peut-être lié au monde interlope et sous filature policière, a demandé un reporter au chef libéral.

«On fait une vie publique, on rencontre des milliers de personnes, on est exposé. Vous vous rappelez cet épisode lors duquel M. Bourassa s'est fait photographier avec 'Mom' Boucher? Est-ce qu'il y a quelqu'un aujourd'hui qui pense que M. Bourassa a sollicité une photo avec un leader d'un groupe de motards criminels? Bien non. Les gens font la part des choses», a-t-il répliqué.

Son adversaire François Legault, de la Coalition avenir Québec (CAQ) a dit présumer de la bonne foi du chef libéral lorsqu'il assure ne pas être intervenu pour faire cesser la filature. Néanmoins, il ne croit pas que la décision de la Sûreté du Québec de lâcher prise soit le fruit du hasard.

«C'est troublant. On ne peut pas dire que c'est complètement un hasard qu'une filature ait été arrêtée une demi-heure après que M. Charest ait rencontré l'individu en question. J'accepte ce que M. Charest a dit, on doit lui faire confiance, il dit que ce n'est pas lui qui a donné le mot d'ordre, mais on doit savoir qui a donné le mot d'ordre», a-t-il souligné.

Quant à elle, la leader du Parti québécois (PQ) Pauline Marois n'a pas été convaincue par la version des faits relatée par son vis-à-vis du PLQ.

«Je vais laisser juger les Québécois car après tout ce que j'ai entendu de M. Charest qui ne s'est pas avéré exact, vous me permettrez d'avoir encore des doutes», a-t-elle lancé.

La virulence des critiques de M. Charest a amené la direction de l'information de Radio-Canada à réagir publiquement pour défendre le travail de ses reporters affectés aux enquêtes.

«Comment se fait-il que M. Brandone qui fait l'objet d'une filature puisse, sans qu'il ne soit invité, rencontrer le premier ministre Charest? Ce seul fait là méritait d'être rendu public», a argué le directeur de l'information, Jean Pelletier.

«Il (Jean Charest) nous accuse de quelque chose qu'on n'a pas fait. On n'a jamais prétendu que M. Charest était intervenu (...) On diffuse dans notre reportage quatre témoignages de policiers hauts placés au sein de la SQ qui évoquent plusieurs hypothèses mais aucun ne prétend que le premier ministre est intervenu», a-t-il ajouté.

M. Pelletier a aussi justifié la décision de la chaîne publique de diffuser le reportage pendant la campagne électorale.

«Une campagne électorale n'est pas l'occasion de taire des informations. Au contraire, c'est le temps de rendre public tout ce qui permet aux citoyens de prendre une décision éclairée», a-t-il estimé.

La controverse a relégué dans l'ombre l'engagement électoral du PLQ annoncé en matinée dans la Vieille capitale au 9e jour de la campagne.

M. Charest a promis de mettre en place, s'il est reporté au pouvoir le 4 septembre, «Épargne Plan Nord», un produit financier qui sera constitué d'entreprises engagées dans le développement nordique.

Avec ce placement, les épargnants pourront bénéficier d'un crédit d'impôt non remboursable allant jusqu'à 500 $ pour une contribution annuelle maximale de 5000 $, a expliqué le chef libéral aux côtés de ses ministres «économiques», Raymond Bachand, Clément Gignac et Sam Hamad.

Admissibles dans un REER et dans un CELI, ces produits financiers seraient offerts par le Fonds des travailleurs de la CSN et de la FTQ de même que par Capital régional et coopératif Desjardins.

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  • Jean Charest - Parti libéral du Québec

    Né à Sherbrooke le 24 juin 1958 Marié, père de trois enfants Formation en droit. Admis au Barreau du Québec en 1981. Avant d'entrer en politique: pratique le droit à Sherbrooke Entrée en politique: en 1984, candidat pour le Parti progressiste-conservateur du Canada dans Sherbrooke. Élu député fédéral lors des élections générales à l'âge de 26 ans. <strong>Carrière politique: </strong> Au fédéral, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse en 1986 à l'âge de 28 ans. Devient le plus jeune membre d'un cabinet fédéral. Il est ensuite ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur, leader adjoint du gouvernement, président du Comité parlementaire spécial pour le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord du lac Meech, ministre de l'Environnement, ministre de l'Industrie et des Sciences, vice-premier ministre, candidat au leadership du Parti progressiste-conservateur du Canada en 1993, chef du Parti progressiste-conservateur, vice-président du Comité national des Québécois pour le Non pendant la campagne référendaire au Québec en 1995. Au plan provincial: il devient chef du Parti libéral du Québec en avril 1998 et chef de l'opposition officielle en décembre de la même année, il est assermenté comme premier ministre du Québec le 29 avril 2003, de nouveau le 18 avril 2007 et le 18 décembre 2008.

  • Pauline Marois - Parti québécois

    Née à Québec le 29 mars 1949 Mariée et mère de quatre enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social, Université Laval et maîtrise en administration des affaires (MBA) aux HEC, Université de Montréal Avant d'entrer en politique: consultante budgétaire, responsable du service animation, coordonnatrice du cours en assistance sociale, directrice générale d'un CLSC, attachée de presse, consultante, directrice de cabinet, professeur à l'Université du Québec à Hull <strong>Carrière politique</strong>: députée de La Peltrie de 1981 à 1985, puis députée de Taillon de 1989 à 2006, puis députée de Charlevoix depuis 2007. Elle a été ministre d'État à la Condition féminine, de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, présidente du Conseil du trésor, ministre des Finances et ministre du Revenu, ministre responsable de la Famille, ministre de l'Éducation, ministre de la Famille et de l'Enfance, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, vice-première ministre.

  • François Legault - Coalition avenir Québec

    Né à Sainte-Anne-de-Bellevue le 26 mai 1957 Marié, père de deux enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires (comptabilité publique), MBA en finances des HECAvant la politique: directeur du marketing chez Québécair, cofondateur d'Air Transat en 1986, en devient le pdg jusqu'en 1997. Administrateur de sociétés comme Provigo, Culinar, Sico. Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec. <strong>En politique</strong>: élu député péquiste de Rousseau en novembre 1998. Réélu en 2003, 2007 et 2008. Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Éducation et aux Jeunes, ministre de l'Éducation, ministre d'État à l'Éducation et l'Emploi, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux. En 2011, il fonde un nouveau parti, la Coalition avenir Québec.

  • Françoise David - Québec solidaire

    Née à Montréal en 1948 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social (organisation communautaire) de l'Université de MontréalAvant la politique: travaille en service social dans le quartier centre-sud de Montréal, coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Elle organise notamment la Marche des femmes contre la pauvreté «Du pain et des roses» et la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence en 2000. <strong>En politique</strong>: porte-parole du mouvement Option citoyenne, puis porte-parole de Québec solidaire lors de sa création en 2006. Candidate pour Québec solidaire en 2007 et 2008 dans Gouin où elle termine deuxième.

  • Amir Khadir - Québec solidaire

    Né le 12 juin 1961 à Téhéran, en Iran. Immigre au Québec à l'âge de 10 ans. Marié et père de trois filles. <strong>Formation</strong>: baccalauréat en physique Université de Montréal, maîtrise en physique Université McGill, doctorat en médecine Université Laval, spécialité en microbiologie-infectiologie Université de MontréalCarrière avant la politique: médecin microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier Pierre-Le-Gardeur à Lachenaie. A fait partie de la Coalition des médecins pour la justice sociale, a fait des missions pour Médecins du monde en Irak, en Afghanistan et en Palestine. A présidé le conseil d'administration du SUCO. <strong>Carrière politique</strong>: candidat du Bloc québécois dans Outremont en 2000, candidat de l'Union des forces progressistes dans Mercier en 2003, premier député élu de Québec solidaire dans Mercier en 2008

  • Jean-Martin Aussant - Option nationale

    Né à Sorel-Tracy le 1er juin 1970 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires et études en actuariat, Université Laval; maîtrise en sciences économiques, Université de Montréal; études au doctorat en analyse économique, Université Autonoma de Barcelone, Espagne. Avant d'entrer en politique: agent de recherche au CIRANO, vice-président Morgan Stanley Capital International, gestionnaire de portefeuille principal, Investissements PSP. <strong>Carrière politique</strong>: élu député de Nicolet-Yamaska aux élections générales du 8 décembre 2008 sous la bannière du Parti québécois. Porte-parole de l'opposition officielle pour les dossiers de développement économique, institutions financières, commerce international. Il quitte le Parti québécois en juin 2011, siège comme indépendant, puis annonce la création d'Option nationale.

  • Répartition des 125 sièges à la dissolution de l'Assemblée nationale

    Parti libéral du Québec (forme le gouvernement): 64 députés Parti québécois (forme l'opposition officielle): 47 députés Coalition avenir Québec: 9 députés Option nationale: 1 député Québec solidaire: 1 député Indépendants: 2 députés Circonscriptions vacantes: 1 (Bourassa-Sauvé) <strong>Résultats du scrutin du 8 décembre 2008</strong> Parti libéral du Québec: 1 366 046 votes (42,08 %) Parti québécois: 1 141 751 votes (35,17 %) Action démocratique/Équipe Mario Dumont: 531 358 votes (16,37 %) Québec solidaire: 122 618 votes (3,78 %) Taux de participation: 57,43 % ou 3 295 914 votes Bulletins valides: 3 246 333 ou 98,5 %


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  • Pauline Marois et sa candidate Djemila Benhabib, victime de racisme de la part du maire de Saguenay Jean Tremblay

  • Jean Charest présente des engagements envers les jeunes

  • Jean Charest à la rencontre de futurs électeurs

  • Jean Charest pendant le congrès des Jeunes libéraux

  • Pauline Marois prend une petite fille dans ses bras

  • Pauline Marois a fait allusion au poids du candidat caquiste Gaétan Barrette

  • François Legault prononce un discours

  • François Legault visite une entreprise de tomates biologiques

  • Jean Charest présente ses engagements pour les enfants fréquentant l'école primaire

  • Jean Charest visite un établissement industriel

  • François Legault dans une épicerie

  • François Legault répond aux questions des journalistes

  • Pauline Marois, bébé dans les bras

  • Pauline Marois promet l'intégrité dans son équipe à la suite d'un discours

  • Manon Massé, la députée de Québec solidaire qui fait bien jaser

  • Jacques Duchesneau est présenté comme nouveau candidat

  • Legault tout sourire: Jacques Duchesneau serait candidat pour la CAQ.

  • Gaétan Bolduc... heu, Barrette.

  • Jean Charest et son candidat Alain Paquet

  • Jean Charest auprès de futurs électeurs

  • Jean Charest à Saint-Hyacinthe

  • Pauline Marois prononce un discours

  • Pauline Marois se rend au marché Atwater

  • ...et prend le métro avec Léo.

  • Le député indépendantiste Pierre Curzi prête main-forte à Jean-Martin Aussant

  • Le chef d'Option nationale auprès de ses partisans

  • Léo Bureau-Blouin et Pauline Marois annoncent les promesses du PQ en matière d'éducation

  • Jean Charest en entrevue à Radio X, à Québec

  • François Legault avec la candidate Sylvie Roy et Maude Cohen

  • François Legault avec la candidate Sylvie Roy et Maude Cohen

  • Amir Khadir et François David le jour du déclenchement des élections

  • Jean Charest annonce le déclenchement des élections


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  • Une affiche électorale bien placée!

  • Reservoir Dogs, version libérale

  • Un air de ressemblance avec la famille Slomeau?

  • On sourit!

  • L'économie d'abord ou... quoi?

  • Sarko se marre, Charest se barre.

  • OK, on joue. Suis-je un animal? Un objet? Est-ce que j'ai les cheveux frisés?

  • Oh, là, je t'ai cassé!

  • Un p'tit banc, peut-être?

  • Gaz de schiste: Wo!

  • Une oeuvre contemporaine... mal placée

  • Le retour de BiBi

  • Peace.

  • Attention, elle va tomber sur le micro...

  • C'est ce qu'on appelle avoir les deux yeux dans la graisse de bine

  • Père Noël, pouvez-vous devancer mon cadeau cette année?

  • Pas sûre que je veux y toucher...

  • Oh, le beau chapeau!

  • Mais où avais-je la tête? Ah oui! Entre deux jongleurs!

  • Pauline est contente

  • Un supporter... un peu trop affectueux

  • Un jeune qui ne pense qu'à la "belle vie"

  • Ce n'est pas le salut que vous croyez

  • Passionnant, passionnant...

  • Eh boy, des élections? Pas déjà!

  • Le gars à côté, il fait des niaiseries gros comme ça!