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Amnesty demande le jugement ou la libération d'un dignitaire chiite saoudien

09/08/2012 01:27 EDT | Actualisé 09/10/2012 05:12 EDT

Amnesty International a appelé jeudi les autorités saoudiennes à inculper ou relâcher le dignitaire chiite Nimr al-Nimr, l'une des figures de proue du mouvement de contestation chiite dans le royaume sunnite ultraconservateur.

L'organisation a déploré dans un communiqué qu'"aucune charge n'ait encore été portée" à sa connaissance contre cheikh Nimr un mois après son arrestation. "Amnesty demande aux autorités saoudiennes de l'inculper ou de le libérer", selon le texte.

L'arrestation le 8 juillet de cheikh Nimr, considéré comme le principal initiateur des manifestations dans l'est du pays où se concentre la minorité chiite, avait provoqué des heurts avec la police qui s'étaient soldés par la mort de deux manifestants.

Fin juillet, le ministre saoudien de l'Intérieur Ahmed Ben Abdel Aziz a qualifié le dignitaire de "déséquilibré mental" et jugé "inacceptables" les manifestations qui secouent épisodiquement cette région orientale car elles portent, selon lui, "atteinte à la sécurité de l'Etat".

Région riche en pétrole où se concentre la plupart des deux millions de chiites saoudiens, la partie orientale de l'Arabie est secouée depuis mars 2011 par des troubles sporadiques qui ont pris une tournure violente à partir de l'automne 2011 avec la mort depuis de dix personnes.

Les Saoudiens chiites, qui se disent victimes de discriminations dans leur pays, réclament l'égalité de traitement en matière d'emploi et de prestations sociales avec les sunnites.

Ils avaient également protesté contre l'aide militaire apportée par Ryad à la dynastie sunnite au pouvoir à Bahreïn pour violemment réprimer l'an dernier des manifestations menées par leurs coreligionnaires bahreïnis qui réclamaient des réformes.

bur/mh/sb

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