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Un présumé criminel de guerre guatémaltèque pourra être extradé aux États-Unis

08/08/2012 09:07 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

CALGARY - La Cour d'appel de l'Alberta a rejeté la demande d'un présumé criminel de guerre guatémaltèque qui cherchait à éviter son extradition aux États-Unis, où il fait l'objet d'accusations en matière d'immigration.

Jorge Vinicio Orantes Sosa a été arrêté à Lethbridge, en Alberta, en janvier 2011. Il est accusé d'avoir menti à des responsables de l'immigration à propos de son passé militaire lorsqu'il a déposé une demande pour obtenir la citoyenneté américaine.

M. Sosa, qui possède également la citoyenneté canadienne, est également recherché par les autorités guatémaltèques pour le massacre allégué de civils dans le village de Dos Erres, lors de la guerre civile qui a ravagé ce pays.

Dans sa décision écrite, le juge Brian O'Ferrall indique que les possibles crimes commis au Guatemala n'ont rien à voir avec son jugement. Le magistrat estime d'ailleurs que le fait d'exiger de M. Sosa de répondre aux accusations de parjure aux États-Unis ne constitue pas une injustice.

Quelque 250 hommes, femmes et enfants auraient été tués lors du massacre à Dos Erres. L'unité militaire croyait que le village était sous le contrôle des rebelles et que ses habitants étaient responsables d'une embuscade contre des soldats et le vol de 20 fusils.

M. Sosa a argué le 25 juillet que la Cour d'appel devait annuler la décision autorisant son extradition aux États-Unis, affirmant qu'il ne se trouvait pas à Dos Erres lorsque le massacre a eu lieu.

Lors de l'audience sur l'extradition de Jorge Vinicio Orantes Sosa, on a appris que ce dernier se trouvait dans une école spéciale formant des unités commando au Guatemala, et était l'un des commandants d'une unité de 60 hommes qui a encerclé Dos Erres en décembre 1982.

De nombreux villageois ont été tués avec des marteaux. Les femmes et les filles ont été violées et leurs corps projetés dans le puits du village, a appris la cour.

Le Centre canadien pour la justice internationale presse le gouvernement fédéral de juger M. Sosa au Canada pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Selon Matt Eisenbrandt, le directeur juridique du centre, il est décevant de constater que le Canada n'a jusqu'à présent montré aucun intérêt à poursuivre l'homme au pays sur la base d'accusations qui correspondraient aux crimes dont il est soupçonné.

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