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Mali: Ban recommande des "sanctions ciblées" contre les islamistes du Nord

08/08/2012 12:13 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a recommandé mercredi au Conseil de sécurité de prendre des "sanctions ciblées" contre les islamistes du nord du Mali.

"J'encourage le Conseil de sécurité à envisager sérieusement l'imposition de sanctions ciblées, financières et d'interdiction de voyage, contre les individus et groupes au Mali qui sont impliqués dans des activités terroristes, dans l'extrémisme religieux ou des activités criminelles", a-t-il déclaré.

La situation dans le nord "demeure instable et imprévisible", a noté M. Ban, qui s'exprimait lors d'un débat au Conseil sur la situation dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. "Avec l'afflux de djihadistes régionaux et internationaux, on peut craindre que le Nord ne soit en train de devenir un refuge pour des éléments terroristes et criminels", a-t-il ajouté.

Lors du même débat, une responsable de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), Salamatu Hussaini Suleiman, a affirmé que "l'objectif des groupes terroristes et des membres d'organisations criminelles transnationales est de créer un refuge et un centre de coordination dans le nord du Mali pour des réseaux terroristes" comme l'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) ou le groupe nigérian Boko Haram.

M. Ban s'est également dit "extrêmement inquiet au sujet d'informations concernant des groupes armés qui commettent de graves violations des droits de l'homme dans le Nord, dont des exécutions sommaires de civils, des viols et des tortures".

Selon lui, les extrémistes islamistes ont "imposé illégalement la charia" (loi islamique) dans les territoires qu'ils contrôlent et ont montré un "mépris brutal" pour le patrimoine culturel de la région en détruisant des mausolées à Tombouctou.

"Depuis le début de cette crise, la situation n'a cessé de dégénérer", a encore déploré Ban Ki-moon.

Le patron de l'ONU a estimé "qu'à Bamako, des progrès limités avaient été faits pour restaurer l'ordre constitutionnel" depuis le putsch perpétré le 22 mars. Ce coup d'Etat a accéléré la partition du Mali, les autorités de transition mises en place après le retrait des putschistes du pouvoir étant incapables de mettre fin à l'occupation du Nord.

Il a aussi souligné "qu'il n'y avait pas encore le début d'un dialogue significatif entre le gouvernement malien et aucun des groupes dans le Nord".

Evoquant la visite dans le Nord du ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, dont le pays conduit une médiation panafricaine, M. Ban a indiqué que celui-ci avait demandé aux dirigeants d'Ansar Dine qu'il a rencontrés "de couper tout lien avec des mouvements terroristes avant que des négociations de paix puissent commencer".

Ansar Dine est l'un des groupes qui contrôlent le nord du pays.

Parallèlement à cette négociation, la Cédéao se dit prête à envoyer au Mali une force de quelque 3.300 soldats. Elle attend pour cela une demande formelle de Bamako, un mandat du Conseil de sécurité et un soutien logistique occidental.

Mme Suleiman, commissaire chargée des affaires politiques à la Cédéao, a souligné que celle-ci allait bientôt finaliser ses projets de déploiement militaire au Mali et espérait ensuite un mandat de l'ONU.

Une "conférence finale de préparation" se tiendra du 9 au 13 août à Bamako, a-t-elle dit.

Selon l'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud, "le Conseil de sécurité a exprimé sa disponibilité à poursuivre le dialogue avec la Cédéao". Mais, a-t-il ajouté, "le sentiment général est que nous ne donnerons pas l'autorisation (que le Cédéao demande) sans être informé de la mission de la force et du concept opérationnel". En outre, a-t-il souligné, "la première chose que nous devons recevoir c'est une requête des autorités de Bamako".

avz/

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