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Les vérifications comptables du programme de chasseurs F-35 prennent du retard

08/08/2012 11:41 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le gouvernement conservateur n'a toujours pas engagé un vérificateur indépendant pour analyser l'entente sur les chasseurs furtifs F-35, plus de deux mois après la date butoir qu'il s'était lui-même fixé pour venir à bout du fiasco entourant cette affaire.

Le ministère des Travaux publics a discrètement déposé mercredi un appel d'offres demandant à une firme de vérification comptable d'accepter la tâche politiquement explosive de vérifier les données fournies par le ministère de la Défense. Celui-ci a été accusé au printemps dernier d'avoir dissimulé le véritable coût de ce programme de plusieurs milliards de dollars.

L'appel d'offres a été émis de nouveau puisque la demande originale n'offrait pas assez de flexibilité aux firmes comptables pour sous-contracter des portions de ce projet complexe, a déclaré Amber Irwin, une porte-parole pour la ministre des Travaux publics Rona Ambrose.

Interrogée à savoir si ce délai pourrait affecter la promesse du ministère de présenter les résultats au Parlement à l'automne, Mme Irwin a simplement répondu que le Secrétariat national d'approvisionnement en chasseurs s'était engagé à accomplir correctement et rapidement son mandat.

Le porte-parole néo-démocrate en matière d'achats militaires, Matthew Kellway, a suggéré que les Canadiens ne verraient pas les résultats de cette vérification avant la fin de l'année, voire le début de l'an prochain. Selon lui, la situation est absurde et «hors de contrôle».

Le Pentagone est en charge du programme international du F-35, au sein duquel le Canada a officiellement annoncé sa participation en 2010. L'armée américaine offre déjà des mises à jour régulières du prix de l'appareil toujours en développement.

Selon M. Kellway, Ottawa devrait divulguer ces données, et ce, même si les troupes conservatrices les discréditent par la suite.

Le véritable prix des avions de combat a fait l'objet d'âpres débats depuis le printemps 2011, lorsque le directeur parlementaire du budget Kevin Page a remis pour la première fois en question les affirmations du gouvernement Harper.

C'est toutefois une étude subséquente du vérificateur général Michael Ferguson qui a poussé le gouvernement à tenter de limiter les dégâts.

Les conclusions de M. Ferguson ont mis à mal l'affirmation du gouvernement conservateur voulant que le principe de gestion fiscale prudente soit au coeur des décisions en ce qui a trait à ce programme controversé. Son rapport a révélé que le ministère de la Défense avait omis d'intégrer les coûts opérationnels à long terme dans ses estimations publiques.

Selon M. Ferguson, le véritable prix du programme serait de plus de 25 milliards $, bien au-delà des 16 milliards $ présentés par la Défense.

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