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Les Etats-Unis laissent l'Afrique du Sud mener sa lutte contre le sida

08/08/2012 10:02 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis vont laisser l'Afrique du Sud piloter seule sa politique contre le sida après lui avoir donné en huit ans 3,2 milliards de dollars, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton félicitant le pays le plus affecté au monde pour ses succès mais l'exhortant à ne pas baisser la garde.

En tournée-marathon en Afrique depuis huit jours, Mme Clinton a aussi profité de son étape au Cap pour pousser l'Afrique du Sud sortie de l'apartheid au début des années 1990 à s'inspirer de Nelson Mandela et promouvoir droits de l'Homme et démocratie sur le continent.

La chef de la diplomatie américaine s'est rendue dans une clinique pour patients infectés par le VIH-sida dans un quartier pauvre de la banlieue du Cap. Elle s'est félicitée d'une "collaboration large et efficace" entre les Etats-Unis et l'Afrique du Sud, qui compte le plus grand nombre de personnes au monde infectées par le VIH-sida, officiellement 5,7 millions.

Entre 2003 et 2011, les Etats-Unis ont offert à l'Afrique du Sud, via le Plan mondial d'urgence contre le sida du président américain (Pepfar), plus de 3,2 milliards de dollars. "Et voyez les résultats!", s'est exclamée Mme Clinton: plus de 1,2 million de personnes reçoivent des antirétroviraux (ARV) et 2,4 millions ont reçu des soins.

Quant au taux de transmission du VIH de la mère à l'enfant, il est tombé à un "un remarquable" 2,7%. Il s'élevait à 8% en 2008. En fonction de la progression du virus dans l'organisme, la future mère reçoit des ARV pendant et après la grossesse. Ainsi en 2011, quelque 117.000 bébés sud-africains ont pu naître séronégatifs.

Après avoir longtemps refusé de fournir des médicaments à ses près de 6 millions de concitoyens vivant avec le VIH, Pretoria a déployé le plus grand programme de distribution d'ARV au monde.

Mais, a prévenu Mme Clinton, "si nous prenons un instant pour nous dire que +c'est du bon boulot+, ne faisons pas l'erreur de penser que notre travail est terminé (...) La maladie reste dangereuse".

Elle a pris pour exemple l'Ouganda, qui fut "une histoire à succès" dans le combat contre le sida, mais qui est aujourd'hui "le seul pays où les infections remontent". Alors "n'oubliez pas la prévention!", a-t-elle lancé.

Surtout, après huit années d'"un véritable partenariat", la secrétaire d'Etat et le ministre sud-africain de la Santé Aaron Mosoaledi ont présenté une nouvelle "feuille de route" entre les deux pays, aux termes de laquelle "l'Afrique du Sud prend clairement la direction et le contrôle" des opérations de lutte contre la pandémie.

"C'est ce que nos deux gouvernements ont toujours espéré et souhaité", a-t-elle affirmé, parlant d'un "partenariat (qui) change pour le mieux" et promettant que "les Etats-Unis ne s'en iraient pas" d'Afrique du Sud.

A Pretoria mardi Mme Clinton avait rappelé les "milliards de dollars investis" en Afrique du Sud et jugé "juste de dire que nous avons sauvé des centaines de milliers de vies".

A chacune de ses étapes en Afrique depuis le 31 juillet, Hillary Clinton présente la stratégie américaine pour le développement du continent dévoilée en juin par le président Barack Obama.

Washington veut "stimuler la croissance et les échanges, promouvoir la paix et la sécurité et consolider les institutions démocratiques" en nouant des "partenariats plutôt que des relations de patronage" avec Etats africains de plus en plus attirés par l'orbite chinoise.

Dans un long discours donné à l'Université du Cap occidental, Mme Clinton a salué Nelson Mandela, icône d'une Afrique du Sud démocratique et multiraciale, appelant la jeune génération à s'en inspirer pour que le pays joue un plus grand rôle sur la scène régionale et internationale.

Car aux yeux de la secrétaire d'Etat, "peu de nations sur ce continent ont autant de poids que l'Afrique du Sud (...) une puissance démocratique qui peut influencer l'Afrique et le monde".

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