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Le bilan des islamistes s'alourdit au Nigeria, Clinton pressée par HRW d'intervenir

08/08/2012 08:42 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

Human Rights Watch a appelé mercredi la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, attendue au Nigeria, à soulever auprès des autorités le problème des violences commises par les islamistes de Boko Haram, en hausse à plus de 1.400 morts selon HRW, comme par les forces de l'ordre.

En tournée en Afrique, Mme Clinton doit rencontrer jeudi le président Jonathan Goodluck à un moment où le Nigeria est secoué par une escalade des attentats et attaques à caractère insurrectionnel lancés par Boko Haram.

"Le Nigeria est confronté à une poussée de violence et d'anarchie qui a détruit la vie de plusieurs milliers de Nigérians", a déclaré dans un communiqué le directeur pour l'Afrique de HRW, Daniel Bekele.

"Les dirigeants du Nigeria doivent faire face à cette violence, qu'elle soit le fait de Boko Haram ou bien des forces de sécurité", a-t-il ajouté.

Dans un nouveau bilan, HRW écrit que "les attaques lancées par Boko Haram ont causé la mort de plus de 1.400 personnes depuis 2010 dans le nord et le centre du Nigeria".

Fin janvier, HRW estimait le bilan des morts dans des attentats revendiqués par Boko Haram à près d'un millier en deux ans et demi.

L'organisation de défense des droits de l'homme dont le siège est à New York a également dénoncé les exactions dues aux forces de l'ordre qui ont, dit-elle, exacerbé les tensions entre communautés.

"Les forces de sécurité ont arrêté des centaines de personnes et les détiennent au secret de manière routinière sans inculpation ni procès", a poursuivi le communiqué.

"Les forces de sécurité ont également été impliquées dans des meurtres de présumés membres de Boko Haram", a-t-il continué, notant que Boko Haram se vengeait en attaquant des postes de police.

HRW ajoute avoir envoyé une lettre à Mme Clinton lui demandant de soulever ces questions avec les dirigeants nigérians lors de sa visite pour les encourager à les affronter.

Washington a annoncé le 21 juin avoir placé sur leur liste anti-terroriste trois dirigeants de Boko Haram, dont Abubakar Shekau, même si l'organisation ne figure pas fait en tant que telle sur la liste américaine.

Pays le plus peuplé et premier producteur de brut d'Afrique, le Nigeria est divisé entre un Nord déhérité majoritairement musulman et un Sud à dominante chrétienne, plus riche grace au pétrole.

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