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L'armée syrienne affirme avoir pris le contrôle d'un bastion rebelle d'Alep

08/08/2012 09:42 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

L'armée syrienne a affirmé mercredi avoir pris le contrôle d'un quartier rebelle emblématique à Alep à l'issue d'une offensive terrestre sans précédent mais les combattants anti-gouvernementaux assuraient que les combats se poursuivaient à Salaheddine.

"Nos forces armées ont pris le contrôle total de Salaheddine, infligeant aux groupes terroristes des pertes sévères et faisant un grand nombre de morts et de blessés" dans leurs rangs, a déclaré une source officielle citée par l'agence Sana.

Une source de sécurité à Damas a précisé à l'AFP que l'assaut avait été donné à 04H00 (01H00 GMT) avec des chars et des véhicules blindés. Des combats d'une rare violence ont fait rage pour le contrôle de deux rues principales. "Une fois (ces rues) conquises, tout le système de défense des terroristes s'est effondré, plus vite que nous le pensions", a-t-elle affirmé.

"L'objectif est de prendre le contrôle, toujours dans l'ouest, de Seif al-Dawla puis de s'attaquer aux huit quartiers rebelles de l'est mais cela risque de prendre du temps", a-t-il ajouté.

Le colonel dissident Abdel Jabar Oqeïdi a confirmé qu'il "y avait une attaque barbare et sauvage du quartier". "Mais il est faux de dire que l'armée du régime a pris le contrôle total du quartier".

"Il y a des combats dans plusieurs quartiers d'Alep, mais cela se concentre surtout à Salaheddine car ce quartier revêt une grande valeur symbolique pour nous et l'armée du régime", a ajouté le chef du Conseil militaire pour la région d'Alep.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé la poursuite des combats, et ajouté que l'armée avait détruit deux écoles servant de base pour les rebelles.

Un militant, qui se trouve sur place, a affirmé voir les chars loyalistes sur la place Salaheddine et rue Khodr, deux positions stratégiques dans le quartier.

L'offensive de l'armée intervient au lendemain de la promesse du président Bachar al-Assad de "purger" le pays des "terroristes", un terme que son régime utilise pour désigner les rebelles.

Selon la source officielle citée par Sana, "des dizaines de terroristes ont été arrêtés, d'autres se sont rendus en déposant leurs armes" et "de grandes quantités d'armes utilisées par les terroristes pour terrifier les habitants et commettre des assassinats contre les forces de l'ordre ont été saisies".

"Il s'agit des combats les plus féroces autour du quartier et dans certaines rues de Salaheddine" depuis le début des affrontements à Alep le 20 juillet, selon l'OSDH.

L'armée a acheminé 20.000 hommes pour mener cette bataille cruciale pour le régime, confronté à une révolte depuis seize mois qui s'est militarisée au fil du temps face à la répression brutale.

Amnesty International a dénoncé la violence des bombardements de ces derniers jours en s'appuyant sur des images satellitaires, qui montrent plus de 600 cratères formés par l'impact d'obus à Alep et dans la petite ville voisine d'Anadane.

Au moins 58 personnes (36 civils, 16 soldats et 6 rebelles) ont été tuées mercredi dans le pays, dont 15 à Alep, selon l'OSDH.

Selon cette ONG basée en Grande-Bretagne, qui travaille avec un réseau de militants et de témoins à travers la Syrie, 225 personnes avaient été tuées mardi sur l'ensemble du territoire, parmi lesquelles 129 civils.

"Le peuple syrien et son gouvernement sont déterminés à purger le pays des terroristes", a promis mardi Bachar al-Assad en recevant un émissaire du Guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei.

Saïd Jalili lui a répondu que "l'Iran ne permettra jamais la destruction de l'axe de la résistance dont la Syrie est un pilier essentiel", jugeant que la situation en Syrie était "un conflit opposant l'axe de la résistance dans cette région" à Israël et aux Etat-Unis.

L'Iran, fidèle allié de Damas, organise jeudi une rencontre avec une douzaine de pays ayant "une position réaliste" sur la crise, selon Téhéran.

Le Liban a déjà fait savoir qu'il n'y participerait pas en respect de sa "neutralité" dans le conflit. Pas plus que Kofi Annan, le médiateur démissionnaire de l'ONU et la Ligue arabe.

Concernant ses 48 ressortissants enlevés samedi par l'Armée syrienne libre (ASL) dans la région de Damas, Téhéran a demandé la "coopération" du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon pour obtenir leur libération.

Alors que les ravisseurs accusent ces Iraniens d'être des Gardiens de la révolution, corps d'élite du régime islamique, Téhéran, qui assure de son côté qu'ils sont des pèlerins, a néanmoins précisé qu'un certain nombre d'entre eux étaient des "retraités des Gardiens de la révolution et de l'armée".

Par ailleurs, le Premier ministre syrien Riad Hijab ayant fait défection lundi est arrivé mercredi en Jordanie avec sa famille, selon le ministre jordanien de l'Information Samih Maayatah, alors que l'opposition avait fait état de son arrivée lundi.

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