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La perte nette d'Air Canada s'est accentuée au deuxième trimestre

08/08/2012 06:13 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le transporteur aérien Air Canada (TSX:AC.B) a indiqué mercredi être prêt à s'envoler vers de nouveaux profits après des années de vaches maigres au moment où il s'attaque à son régime de retraite, aux coûts d'entretien de ses appareils et au lancement, l'an prochain, d'un nouveau transporteur à rabais.

Les détails concernant ce nouveau transporteur se font rares, mais Air Canada affirme que le règlement de plusieurs conflits de travail — notamment celui avec ses 3000 pilotes — lui donne la flexibilité nécessaire pour aller de l'avant avec le projet.

«Le lancement d'un transporteur à rabais par Air Canada représente une croissance pure pour nos pilotes et pour la famille Air Canada», a dit le président et chef de la direction Calin Rovinescu lors d'une conférence téléphonique après le dévoilement des résultats décevants au deuxième trimestre.

Air Canada a déclaré une perte nette de 96 millions $, ou 35 cents par action, comparativement à une perte nette de 46 millions $, ou 17 cents par action, lors du même trimestre l'an dernier.

«Nous avons été confrontés pendant le trimestre à de nombreux défis qui ont eu un impact négatif sur nos résultats nets, entre autres les conflits de travail en mars et en avril qui ont touché les réservations et les revenus du deuxième trimestre, et la faillite d'Aveos qui a eu un léger impact sur notre capacité», a expliqué M. Rovinescu.

Le transporteur estime que ces deux éléments ont retranché entre 12 et 17 cents à son bénéfice trimestriel par action.

Les revenus ont augmenté de 71 millions $ pour atteindre près de 2,99 milliards $.

Au 30 juin, la trésorerie et les placements à court terme d'Air Canada totalisaient 2,38 milliards$, soit une hausse de 124 millions $ par rapport à la même date l'an dernier.

Air Canada prévoit transférer vers le nouveau transporteur à rabais 20 appareils Boeing 767 et 19 appareils Airbus 319 appartenant actuellement à sa flotte principale. Air Canada prendra possession de 37 avions Boeing 787 Dreamliner à compter de 2014.

M. Rovinescu a expliqué que le nouveau transporteur à rabais permettra à Air Canada de rivaliser efficacement sur des marchés où il n'est actuellement pas en mesure de rivaliser avec les nouveaux joueurs, de renouer avec des marchés délaissés et de pénétrer de nouveaux marchés qui lui sont inaccessibles.

«Avec de solides liquidités, nos principales conventions collectives réglées et le potentiel de croissance grâce au lancement d'un transporteur à rabais, nous croyons que nous sommes bien placés pour faire d'Air Canada un transporteur aérien plus concurrentiel, plus durable et plus profitable pour nos actionnaires», a dit le président et chef de la direction.

Le transporteur planche sur différentes options depuis des mois, a expliqué le directeur commercial d'Air Canada, Ben Smith.

La nouvelle entente avec les pilotes impose des salaires similaires à ceux versés par WestJet (TSX:WJA) et Air Transat (TSX:TRZ.B) et permettrait au nouveau transporteur d'être plus compétitif lors de trajets vers Las Vegas, la Floride, le Mexique, les Caraïbes et l'Europe.

«Toutes les destinations ne seront peut-être pas nouvelles mais il pourrait y avoir une augmentation importante de la capacité dans les marchés où nous sommes déjà présents», a dit M. Smith.

L'ajout de capacité inquiète toutefois certains observateurs.

«Nous craignons de voir Air Canada pourchasser des parts de marché en envoyant des avions sur des trajets touristiques à faible rendement où la concurrence existe déjà, ce qui ultimement réduirait la rentabilité de tous», a écrit l'analyste Cameron Doerksen de la Financière Banque nationale.

M. Doerksen demeure prudent face aux perspectives d'Air Canada en raison d'une intensification de la concurrence, surtout au moment où WestJet cible les voyageurs d'affaires en ajoutant des sièges de luxe en classe économie et au moment de lancer un transporteur régional l'an prochain.

Un autre analyste, Walter Spracklin de Marchés des capitaux RBC, est plus optimiste. «Les premières réactions aux résultats du deuxième trimestre découlaient probablement de craintes face à une modération de l'achalandage et de la rentabilité, a-t-il dit. Toutefois, quand on examine les fondements d'Air Canada à la fin du deuxième trimestre, le transporteur est très différent de par sa structure même et dispose, d'après nous, d'une capacité d'exploitation vastement supérieure.»

M. Spracklin s'attend à voir le titre d'Air Canada prendre du mieux maintenant que les négociations de travail sont terminées et que les pressions financières s'allègent lentement avec une réduction des obligations découlant des régimes de retraite.

Les ententes collectives imposées par un arbitre réduiront le déficit du régime de retraite d'environ 1,1 milliard $. Air Canada entend également demander l'autorisation d'Ottawa pour prolonger de 10 ans le réglement du déficit de 3,1 milliards $ qui demeure.

«Pendant que les composantes à long terme s'améliore, si les fondements de l'industrie continuent à être solides, nous croyons que les actions d'Air Canada représentent une occasion d'investissement intéressante», a dit M. Spracklin.

M. Rovinescu a révélé qu'Air Canada envisage lui aussi la création d'une classe économique plus luxueuse, mais n'a pas voulu dire quand elle pourrait voir le jour.

«Nous continuons à considérer nos passagers supérieurs comme une composante importante de nos affaires et nous n'allons pas attendre avant de réagir, si nous jugeons que c'est nécessaire, sur tous nos appareils», a-t-il dit.

Le titre d'Air Canada a perdu 9 cents sur le parquet de Toronto mercredi et a clôturé à 1,06 $.

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