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La coureuse saoudienne Sarah Attar est fière d'avoir participé aux Jeux

08/08/2012 02:24 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

LONDRES - L'athlète saoudienne Sarah Attar a fini bonne dernière de sa série du 800 mètres mercredi, mais pour la première Saoudienne à courir dans des Jeux olympiques, le symbole était plus important que la performance.

Couverte des pieds à la tête, Sarah Attar a couru dans les traces de la judoka Wojdan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani, première Saoudienne à participer à des Jeux olympiques, cinq jours plus tôt.

«C'est un honneur tellement immense et une expérience si incroyable, rien que de pouvoir représenter les femmes», a déclaré Sarah Attar dans une entrevue avec l'Associated Press. «Je sais que cela peut faire une immense différence», a-t-elle ajouté. «J'espère vraiment que ça puisse être le début de quelque chose de fantastique.»

Sarah Attar, âgée de 19 ans, est née en Californie d'une mère américaine et d'un père saoudien. Dotée de la double nationalité, la jeune femme a voulu représenter l'Arabie saoudite aux Jeux pour être une source d'inspiration pour les femmes.

«Je pense que cela peut vraiment susciter des vocations chez les femmes en Arabie saoudite, leur donner envie de s'impliquer davantage dans le sport, de devenir plus athlétiques», a-t-elle déclaré. «Peut-être qu'aux prochains Jeux olympiques, nous pourrons avoir une équipe très forte.»

«Elle est un rêve devenu réalité pour beaucoup d'athlètes féminines qui rêvent de venir ici et n'ont pas eu cette chance», a déclaré son entraîneur Joaquim Cruz, champion olympique du 800 mètres en 1984.

L'athlète américaine Alice Schmidt, elle aussi entraînée par Joaquim Cruz, a estimé que Sarah Aattar portait «le poids des femmes saoudiennes sur ses épaules».

D'après Ahmed al-Marzooqi, rédacteur en chef du site d'informations sportives saoudien shesport.com, de nombreux Saoudiens ne considèrent pas Sarah Attar comme une Saoudienne parce qu'elle vit aux États-Unis. Mais selon lui, cela ne diminue pas l'importance de sa participation aux Jeux.

«Je pense que sa course soutiendra notre cause», a-t-il estimé, en ajoutant que la jeune athlète avait montré «à tout le monde et aux autorités religieuses en Arabie saoudite que les femmes dans le sport ne s'opposent pas à la tradition islamique et à la société saoudienne».

L'Arabie saoudite, le Qatar et Brunei ont inclus pour la première fois des femmes dans leurs délégations, faisant des Jeux de Londres les premiers jeux totalement mixtes.

La participation de Wojdan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani à l'épreuve de judo, vendredi, a déplu aux religieux de ce pays très conservateur. Ils ont estimé qu'elle s'était déshonorée en se battant devant des hommes.

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