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Filature de la SQ interrompue: Charest nie avoir été impliqué

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Jean Charest, lors de son point de presse le 8 août 2012. (Capture d'écran)
Jean Charest, lors de son point de presse le 8 août 2012. (Capture d'écran)

SAINT-LÉONARD-D'ASTON (PC) - Jean Charest a catégoriquement nié, mercredi soir, être intervenu pour faire cesser une filature qui visait un militant de longue date du Parti libéral du Québec (PLQ), écorchant même au passage l'éthique de travail des journalistes de Radio-Canada qui ont déterré cette histoire.

"J'ai pris connaissance du reportage, que je trouve épouvantable, et depuis que je suis premier ministre du Québec, je n'ai jamais été informé d'enquêtes policières, et je ne suis jamais intervenu dans les enquêtes policières", a-t-il dit lors d'un bref point de presse à St-Léonard-d'Aston, dans le Centre-du-Québec.

Le chef libéral a reconnu qu'il connaissait l'homme en question, Eddy Brandone. "Je vais vous dire pourquoi je me rappelle de lui, c'est parce qu'il se présente toujours comme étant un syndicaliste, et chez nous, au Parti libéral du Québec, on ne reçoit pas souvent des gens qui sont du milieu syndical à nos événements", a-t-il expliqué.

La société d'État a rapporté mercredi qu'une filature de Sûreté du Québec (SQ) avait été interrompue en 2009 peu après qu'Eddy Brandone eut contacté le premier ministre. Jean Charest a indiqué qu'il n'avait aucun souvenir de cette conversation.

M. Brandone est un militant de longue date du PLQ, et il gérait les finances de la FTQ-Construction lors de la présidence de Jocelyn Dupuis, selon les informations de Radio-Canada.

En mars 2009, la SQ a reçu l'ordre d'interrompre la filature de M. Brandone après que ce dernier eut rencontré M. Charest dans un hôtel de Dorval, en marge d'une réunion du premier ministre avec la communauté inuite. Plus tard, la police provinciale aurait reçu l'ordre de mettre fin à sa surveillance.

L'incident aurait provoqué un malaise au sein de la SQ; citant quatre sources policières, Radio-Canada indique que la décision d'interrompre la filature a pris les autorités de court. L'une de ces sources a expliqué que les enquêtes criminelles ne doivent pas donner l'impression de s'approcher trop près du premier ministre.

La Sûreté du Québec a refusé de commenter le dossier, affirmant que celui-ci constituait une preuve s'inscrivant dans le cadre d'une enquête toujours en cours, souligne le diffuseur public.

En campagne dans sa circonscription de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a réagi à ces révélations.

"C'est très inquiétant, a-t-elle dit à la sortie d'une activité avec des militants, à Sainte-Anne-de-Beaupré, dans une brève déclaration. Je crois que M. Charest doit absolument s'expliquer sur les liens qu'il a avec Eddy Brandone. Depuis combien de temps a-t-il ces liens? Et qu'est-ce qu'on entend au juste (par ces liens)? Il est le premier ministre du Québec, il a le devoir de nous expliquer la nature de ces liens et de confirmer ou pas ce qu'on entend."

Elle a ajouté qu'"honnêtement, c'est sûr que ce n'est pas normal de stopper une filature".

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