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Fin du sommet des Grands Lacs sans progrès sur la "force neutre" en RDC

08/08/2012 09:58 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

Le sommet des Etats des Grands Lacs s'est achevé mercredi à Kampala, sans que le communiqué final, aux termes vagues, ne fasse état de progrès sur la future "force neutre" censée "éradiquer" les groupes armés opérant dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Les présidents de la RDC Joseph Kabila et du Rwanda Paul Kagame - qui s'accusent mutuellement de soutenir des groupes armés hostiles à l'autre - et les dirigeants des autres Etats membres "se retrouveront dans quatre semaines", a déclaré le président ougandais Yoweri Museveni, en clôturant le sommet, commencé la veille.

Les dirigeants des onze pays de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) ont mis sur pied un "sous-comité" ministériel auxquels ils ont renvoyé la tâche de "fournir des détails sur les moyens d'opérer de la force internationale neutre", selon le communiqué.

Son "mandat est très clair", le sous-comité va "discuter de la composition et de la taille de la force internationale neutre", a expliqué le ministre de la Défense de la RDC Alexandre Luba Ntambo.

Ce sous-comité, présidé par le ministre ougandais de la Défense et composé de ses homologues d'Angola, du Burundi, du Congo, de RDC, du Rwanda et de Tanzanie, devra également "proposer des mesures urgentes (...) afin que les combats cessent définitivement dans l'est de la RDC", selon le communiqué.

Il devra rendre son rapport final lors du prochain sommet dans quatre semaines à Kampala, est-il précisé.

Le commissaire de l'Union africaine (UA) à la Paix et à la Sécurité, Ramtane Lamamra, avait estimé mi-juillet que le déploiement d'une telle force devait être "une question de semaines" en raison de "l'urgence sur le terrain", tant humanitaire que sécuritaire.

"Solutions locales"

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MM. Kabila et Kagame avaient tous deux accepté le 15 juillet le "principe" d'une force impartiale dans l'est de la RDC, lors d'un précédent sommet de la CIRGL en marge du sommet de l'UA à Addis Abeba.

Mais la structure et les modalités d'une telle force, censée combattre les mutins congolais du M23, ainsi que les rebelles hutu rwandais des Forces démocratique de libération du Rwanda (FDLR), hostiles au régime du président Kagame, restaient à définir.

Une tâche d'autant plus difficile que Kinshasa et Kigali ont une conception très différente de ladite force censée également surveiller leur frontière commune.

A Addis Abeba, les chefs d'Etat de l'UA s'étaient dit prêts mi-juillet à contribuer à cette force impartiale.

Les onze Etats se sont déclaré "déterminés à chercher des solutions locales aux problèmes que connaît la région des Grands Lacs à travers des mécanismes régionaux existants", dans ce texte qui ne mentionne ni l'ONU ni l'UA.

Or la participation de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), forte de 19.000 hommes pour la plus grande part déployés dans l'est, figurait parmi les solutions étudiées. Une solution qui avait les faveurs de Kinshasa, alors que Kigali n'a pas ménagé ses critiques contre la Monusco, qu'il accuse de partialité.

La force "sera composée de troupes fournies par les Etats membres de la CIRGL", a affirmé le ministre ougandais des Affaires étrangères par interim Henry Okello Oryem, à la presse après le sommet.

Il a assuré que le fait que M. Kabila ait signé la déclaration montrait son accord à un tel dispositif. Mais selon un haut diplomate en poste dans la région, Kinshasa reste opposé au déploiement sur son territoire d'une force composée de soldats de pays voisins. Deux guerres régionales ont opposé entre 1996 et 1998 la RDC au Rwanda, à l'Ouganda et au Burundi.

Selon ce diplomate, la RDC prône l'envoi de soldats de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) déployée au côté de la Monusco.

Les autorités rwandaises ont été nommément accusées, dans un récent rapport de l'ONU et par Kinshasa, de soutenir le M23, ce que Kigali a démenti.

Composé d'ex-rebelles intégrés à l'armée de RDC aux termes d'un accord signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa, le M23 a repris les armes contre les autorités congolaises en avril, dans la province orientale du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda. Ce dernier est accusé d'utiliser des groupes armés pour s'accaparer les richesses de l'est de la RDC.

er-del-ayv/aud/jms

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