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Est de la RDC: le CICR dénonce les violences, toujours plus à caractère ethnique

08/08/2012 07:42 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a dénoncé mercredi les violences au caractère ethnique croissant contre les civils dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) en proie à une mutinerie depuis mai.

"Si la situation dans les deux provinces du Kivu est fragile et problématique depuis plusieurs années, les exactions auxquelles nous assistons depuis quelques mois envers les populations civiles sont extrêmement inquiétantes et contraires à tous les principes humanitaires de base", a déclaré le chef de la délégation du CICR à Kinshasa, Franz Rauchenstein.

"De plus, l'accentuation du caractère ethnique des récentes violences est très préoccupante", a-t-il ajouté.

Au delà des combats et de l'insécurité qui prévalent dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, la nature de certaines attaques met aussi en danger l'accès aux soins pour les blessés et les malades, indique le CICR.

L'organisation basée à Genève dénonce une augmentation des pillages de centres de santé, autant d'attaques qui privent les communautés locales de soins médicaux pour une période pouvant aller jusqu'à plusieurs semaines.

Le CICR demande par ailleurs le respect d'un "minimum de sécurité", afin de permettre au personnel humanitaire et médical de faire son travail.

Depuis des semaines, les volontaires de la Croix-Rouge prennent notamment des risques considérables pour enterrer les personnes qui ont été tuées lors des affrontements, après avoir fait le nécessaire pour leur identification, selon l'organisation.

Les rebelles du M23 s'opposent depuis mai à l'armée congolaise dans l'est du Nord-Kivu où ils ont leur base dans le parc national des Virunga, frontalier avec le Rwanda et l'Ouganda. Ils ont récemment pris plusieurs villes de la province dont le poste frontière de Rubagana.

L'ONU soutient que les rebelles du M23 sont menés par Bosco Ntaganda, recherché pour crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI) et qu'ils bénéficient d'un appui du Rwanda.

Le M23 est formé principalement d'ex-combattants de la rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans l'armée congolaise dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa le 23 mars 2009, dont ils réclament la pleine application. Le CNDP était soutenu par le Rwanda.

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