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Encore une médaille pour Carol Huynh, encore la déception pour Martine Dugrenier

08/08/2012 09:00 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

LONDRES - Pendant que la lutteuse canadienne Carol Huynh célébrait sa deuxième médaille olympique à vie, mercredi à Londres, sa compatriote Martine Dugrenier vivait sa deuxième déception d'affilée à des Jeux.

Huynh, la championne olympique aux Jeux de Pékin en 2008, a ajouté une médaille de bronze à son palmarès chez les 48 kg, mercredi. Elle est ainsi devenue la deuxième lutteuse canadienne à décrocher deux médailles olympiques en carrière. Tonya Verbeek a été la première à réaliser l'exploit, raflant l'argent en 2004 à Athènes et le bronze en 2008.

«Je me sens heureuse et soulagée, a indiqué une Huynh souriante et enjouée après sa compétition. J'ai travaillé fort pour me rendre jusqu'ici, et je croyais vraiment que je pouvais bien faire aujourd'hui.»

Cinquième il y a quatre ans à Pékin, Dugrenier a terminé au même rang, mercredi, alors qu'elle est encore venue à une victoire près de mériter le bronze chez les 63 kg. Une défaite en deux manches dans le match mettant la troisième place à l'enjeu, contre Battsetseg Soronzombold de la Mongolie, a scellé son sort.

«J'étais venue ici pour avoir la médaille olympique, a commenté Dugrenier avant de remercier tous ceux et celles qui l'ont appuyée au cours des quatre dernières années, que ce soit financièrement, techniquement ou moralement. Je suis désolée pour eux de ne pas repartir avec cette médaille-là.

«J'ai remporté trois championnats du monde et on ne peut pas oublier ça, même s'il me manque une médaille olympique, a noté celle qui se bat chez les 67 kg lors des mondiaux. On ne peut pas avoir tout ce qu'on veut dans la vie. On travaille fort, on apprend des leçons et peut-être que cette leçon-là va me servir un peu plus tard dans ma vie.

«Les Jeux olympiques, ça reste quand même une belle expérience. Il faut que les jeunes apprennent qu'on gagne, qu'on perd, et que la vie d'un athlète ne s'arrête pas là.

«Mais je pense que ça va me rester dans la tête toute ma vie», a-t-elle dit de ses deux présences crève-coeur à des JO.

«Si je deviens entraîneure un jour, je vais essayer de transmettre cette expérience-là aux jeunes dans l'espoir que ça ne leur arrive pas. Mais ça m'est arrivé», a dit la Montréalaise de 33 ans, qui sera aux JO de Rio de Janeiro, en 2016, «sûrement comme entraîneure mais peut-être pas comme athlète».

Dugrenier a dû renoncer aux médailles d'or et d'argent dès le premier tour, quand elle s'est inclinée en deux manches contre la double championne olympique en titre et septuple championne du monde, la Japonaise Kaori Icho. Celle-ci a poursuivi son chemin jusqu'en finale, où elle a obtenu la médaille d'or aux dépens de la Chinoise Jing Ruixue. Dugrenier a donc pu poursuivre son parcours par la voie du repêchage.

Elle a alors remporté son deuxième match du jour en trois manches devant la Suédoise de 21 ans Henna Johansson, s'imposant 6-0 lors de la manche ultime. Elle a continué d'attaquer contre Soronzonbold dans le match suivant, mais ça s'est retourné contre elle puisque cette dernière a marqué ses points en contre-attaque.

«Je n'ai pas été capable de terminer mes attaques et ça m'a coûté le match, a déploré Dugrenier. Les trois fois que je lui ai pris la jambe, j'aurais dû finir le travail, c'est ma force. J'aurais peut-être dû attendre une seconde et avoir un meilleur synchronisme pour attaquer... Mais on est là et on donne tout ce qu'on peut.»

Dugrenier regrettait aussi sa défaite contre Icho. Elle se dirigeait vers un score de 1-1 en deuxième manche, ce qui aurait forcé la tenue d'une troisième manche décisive puisqu'elle avait marqué le point égalisateur. La Japonaise de 28 ans a toutefois marqué un autre point dans les dernières secondes, pour ainsi remporter cette deuxième manche et le duel.

«J'ai vraiment fait une erreur, j'ai regardé le cadran à une seconde de la fin et ça m'a coûté cette période-là, j'étais vraiment fâchée, a expliqué Dugrenier. Il fallait que je revienne en force et je l'ai démontré dans le deuxième match. J'ai ensuite donné tout ce que je pouvais dans le troisième match.»

De son côté, Huynh a disputé le match pour le bronze après s'être inclinée en demi-finale face à la Japonaise Hitomi Obara. L'Albertaine de 31 ans l'a alors emporté devant la Sénégalaise Isabelle Sambou en arrachant chacune des deux premières manches 1-0 au bris d'égalité. Sambou était inconsolable quand elle a retrouvé les siens après le combat.

«J'aurais voulu finir ma journée avec plus de panache mais je vais le prendre, a reconnu Huynh en faisant allusion au fait que l'initiative du premier bris d'égalité va à la lutteuse qui remporte le tirage au sort, et que celui-ci lui a souri deux fois. J'aurais aimé une victoire plus décisive, mais les règles sont comme ça en ce moment.

«C'est de cette façon qu'on détermine un vainqueur. J'imagine qu'il y a 100 ans, on devait lutter pendant 10 journées d'affilée!», a ajouté celle qui a l'intention de poursuivre sa carrière tant et aussi longtemps qu'elle prendra plaisir à pratiquer la lutte.

«Et c'est le cas en ce moment», a-t-elle souligné.

Obara a remporté l'or chez les 48 kg et Marya Stadnyk, de l'Azerbaïdjan, l'argent. L'Américaine Clarissa Kyoko Mei Ling Chun a mérité l'autre médaille de bronze.

Outre Soronzonbold, l'autre médaille de bronze chez les 63 kg est allée à la Russe Lubov Volosova.

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