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Des centaines de militaires pro-Saleh se mutinent au Yémen (source militaire)

08/08/2012 03:59 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

Des centaines de militaires yéménites ont abandonné leurs positions dans le sud du pays pour protester contre la décision du président Abd Rabbo Mansour Hadi de restructurer les forces armées, a indiqué mercredi à l'AFP une source militaire.

Ils se sont rebellés contre le rattachement à la région militaire Sud de la 2e brigade d'infanterie de la Garde républicaine, une unité d'élite dirigée par le fils aîné de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, basée dans la province sudiste d'Abyane, a expliqué cette source.

Des centaines de soldats et des sous-officiers ont commencé dès mardi à se retirer, avec leurs armes personnelles, de leur campement et des barrages routiers à Loder et dans les localités voisines de Wadih et Moudia, a-t-elle ajouté. Ces barrages visent à empêcher l'infiltration d'insurgés d'Al-Qaïda, actifs dans la province d'Abyane malgré une récente offensive de l'armée.

La plupart des mutins appartiennent à des tribus de la région de Sanaa, fidèles à l'ex-président Saleh, contraint au départ en février sous la pression d'un mouvement de contestation après 32 ans au pouvoir, selon la même source.

Les Comités de résistance populaire, des supplétifs de l'armée recrutés dans les tribus de la province d'Abyane, sont intervenus pour empêcher les mutins d'emporter des armes lourdes ou moyennes, ont indiqué à l'AFP des habitants.

En outre, des dizaines de membres de ces comités ont sillonné les rues de Loder pour appeler, par haut-parleur, la population à se mobiliser pour défendre la ville face à une éventuelle attaque d'Al-Qaïda, a précisé un habitant.

Al-Qaïda avait contrôlé pendant un an plusieurs localités d'Abyane que l'armée avait reprises à la mi-juin au terme d'un mois d'une offensive sanglante, avec l'aide des Comités de résistance populaire.

Lundi, M. Hadi a décidé de réduire le nombre d'unités sous le commandement du fils aîné de l'ex-président, Ahmed et de celui de son rival, le général dissident Ali Mohsen al-Ahmar, dans le cadre d'une restructuration de l'armée.

M. Hadi, qui a succédé en février à M. Saleh, a soustrait plusieurs brigades de la puissante Garde républicaine du général Ahmed et de la 1ère division blindée du général Ahmar, pour les affecter à la Garde présidentielle et aux régions militaires Centre et Sud.

Le général Ahmar -qui avait rallié en 2011 le mouvement de contestation populaire- a salué ces décisions "courageuses" du président.

Le commandant de la puissante Garde républicaine, une unité d'élite redoutée sous le régime Saleh et dont la maintien après le départ de ce dernier est vivement contesté dans les milieux de jeunes protestataires, n'a pas réagi aux nouvelles mesures.

Le transition politique dans le pays bute notamment sur la difficulté de restructurer les forces armées et de sécurité, qui souffrent toujours des séquelles de leurs divisions entre partisans et adversaires de la contestation anti-Saleh.

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