NOUVELLES

Chili: des milliers d'étudiants manifestent à Santiago, trois autobus incendiés

08/08/2012 06:06 EDT | Actualisé 08/10/2012 05:12 EDT

SANTIAGO, Chili - La police chilienne a eu recours aux canons à eau et aux gaz lacrymogènes mercredi pour disperser des milliers d'étudiants qui manifestaient dans la capitale pour réclamer la gratuité scolaire. Trois autobus publics ont été incendiés.

De petits groupes de vandales masqués s'immiscent souvent dans les manifestations étudiantes au Chili. Le gouvernement a affirmé que les leaders étudiants ne pouvaient échapper à leurs responsabilités après le saccage des autobus du système de transports en commun de Santiago.

«Les leaders étudiants ouvrent la porte au vandalisme et à la délinquance», a déclaré le porte-parole de la présidence, Andrés Chadwick. «Pendant combien de temps devrons-nous encore supporter ces marches illégales qui appellent à la prise de contrôle des écoles et qui menacent d'imposer un mois d'août violent? Quel est le lien avec l'éducation?»

Les autorités municipales de Santiago avaient interdit aux étudiants de descendre dans les rues de la capitale, craignant que la manifestation prenne une tournure violente.

Le Chili vit depuis plus d'un an de fréquentes manifestations étudiantes. Les étudiants et ceux qui les appuient réclament des réformes radicales dans le domaine de l'éducation.

Selon le gouvernement, la dernière manifestation du mois de juin a été la plus violente en date, avec 472 manifestants arrêtés et 36 policiers blessés.

«Je regrette profondément ce qui s'est passé aujourd'hui dans les rues de Santiago, mais le gouvernement en est responsable à cause de son indolence et de son silence face à toutes les propositions du mouvement étudiant», a déclaré Gabriel Boric, président de la fédération des étudiants de l'université du Chili. «Nous avons tout tenté pour engager un dialogue.»

Les taux d'approbation du président Sebastian Pinera ont plongé avec les manifestations étudiantes, qui ont attiré l'attention sur les iniquités académiques et économiques au Chili.

M. Pinera refuse de changer radicalement le système d'éducation. Il a plutôt proposé de verser 1,2 milliards $ US dans le programme de bourses d'études et de diminuer le taux d'intérêt des prêts étudiants pour le faire passer de six à deux pour cent. Il estime que ces mesures permettront à davantage d'étudiants prometteurs de s'inscrire dans les meilleurs écoles et de réduire le fardeau financier de leur famille.

Les leaders étudiants veulent changer le système d'imposition afin que les riches paient plus d'impôts. Ils veulent aussi que l'État reprenne le contrôle des universités majoritairement privées afin d'assurer la qualité de l'enseignement. Selon eux, les changements qu'ils réclament ne se produiront que quand l'éducation ne sera plus considérée comme une entreprise à but lucratif.

PLUS:pc