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Charest veut élargir la couverture dentaire aux adolescents

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MONTRÉAL - Le chef libéral Jean Charest s'en est remis aux directions d'établissements et aux policiers, mercredi, pour l'application de la loi spéciale qui limite les manifestations, en faisant appel à leur «jugement».

M. Charest a affirmé qu'il veut éviter les confrontations qui se soldent par l'utilisation du poivre de Cayenne et des blessures pour les manifestants étudiants, qui pourraient reprendre leurs actions au cours des prochains jours.

«C'est la dernière chose que je souhaite et que je veux, surtout comme premier ministre du Québec et, oui, comme père de famille aussi», a-t-il dit, lors d'une conférence de presse.

Le chef libéral a répété que la loi spéciale 12, qui met en vigueur le projet de loi 78, doit être respectée mais il appelle au discernement des policiers et des directions d'établissements collégial et universitaire.

«Il y aura peut-être des situations qui seront difficiles, a-t-il dit. Si c'est le cas, les gens vont utiliser leur bon jugement. La loi est là pour être appliquée mais aussi dans le contexte où ils appliquent leur bon jugement.»

La loi 12 oblige les manifestants à se tenir à 50 mètres des établissements d'enseignement et M. Charest a insisté sur la nécessité d'assurer l'accès aux salles de cours.

Selon M. Charest, avant d'appeler la police, les directions d'établissements «sont dans la meilleure situation pour déterminer quel gestes doivent être posés pour assurer la sécurité de tout le monde».

«Ça inclut aussi la sécurité, même, de ceux qui choisissent de boycotter et de manifester», a-t-il dit.

M. Charest s'est défendu de mettre «une épée de Damoclès» au-dessus des enseignants en les plaçant devant la responsabilité d'assurer le succès de la rentrée scolaire dans les 14 cégeps touchés par la grève étudiante, qui commencera exceptionnellement la semaine prochaine.

Contrairement à son adversaire le chef caquiste François Legault, M. Charest n'a pas voulu se prononcer sur le recours à des sanctions contre les enseignants qui refuseraient de briser les piquets de grève des étudiants, par crainte pour leur sécurité.

«Il faut donner la chance à la rentrée de se faire, a-t-il dit. Il me semble qu'il faut, au moment où la rentrée se prépare, poser tous les gestes possibles pour favoriser la rentrée. Ce n'est pas le temps de commencer à évoquer toutes sortes de scénarios.»

En campagne à Vaudreuil-Dorion, M. Legault a insisté sur le flou de son adversaire libéral, en déclarant que M. Charest «n'a pas été très précis sur les sanctions».

Selon le chef caquiste, les professeurs qui choisissent de ne pas donner leur cours afin de respecter le droit de grève devraient être privées de salaire et des sanctions pourraient être imposées si la situation se poursuit.

«Dans un premier temps, on ne devrait pas payer les enseignants qui refusent d'enseigner ça c'est la première chose, a-t-il dit. Si ça se poursuit, moi je pense qu'il faut pas exclure d'autres sanctions.»

Soins dentaires pour ados

Par ailleurs, les libéraux ont proposé mercredi de rétablir la couverture des soins dentaires aux adolescents, que l'ex-premier ministre Robert Bourassa avait limité aux enfants de neuf ans et moins, en 1992. S'ils sont élus, l'âge limite d'admissibilité à la couverture de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) passera de 10 à 16 ans.

Les enfants et adolescents pourraient bénéficier d'une visite par année, incluant un examen dentaire et des soins de base, comme les plombages. Le coût d'élargissement de ce programme est de 58 millions $ par année, a annoncé mercredi M. Charest.

M. Charest a aussi promis d'investir 47 millions $ pour améliorer le soutien aux malades chroniques. Cette initiative, qui exigera ensuite un budget annuel de 18 millions $, permettrait de coordonner les soins en exerçant un meilleur suivi des malades, par le biais d'appels téléphoniques.

L'objectif est de réduire les hospitalisations, a déclaré durant la conférence de presse le ministre de la Santé Yves Bolduc, qui s'attend à des économies liées à la mise en place de cette initiative.

«Pour chaque dollar investi, on sauve facilement entre deux et cinq dollars, selon le cas», a-t-il dit.

Les libéraux veulent aussi publier les listes d'attente des médecins spécialistes sur Internet, afin de permettre aux patients de choisir le médecin dont les délais d'attente sont les plus courts.

Au sujet de la pénurie de médecins de famille, M. Bolduc a affirmé qu'elle sera résorbée d'ici quatre ans, avec l'ajout de 1000 nouveaux professionnels.

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