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Syrie: les combats s'approchent du centre d'Alep, afflux de réfugiés en Turquie

07/08/2012 05:47 EDT | Actualisé 07/10/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les combats qui font rage à Alep, la plus grande ville de Syrie, se sont propagés dans de nouveaux quartiers mardi, poussant plus de 1300 réfugiés syriens à franchir la frontière au cours de la journée pour se réfugier en Turquie.

Malgré les bombardements intenses des avions et des hélicoptères de l'armée, les rebelles résistent depuis deux semaines aux attaques des forces gouvernementales à Alep et se rapprochent du centre de la ville.

Selon un militant présent sur place, Tamam Hazem, de violents combats se déroulaient mardi dans les quartiers Bab Jénine et Sabah Bahrat, près du centre historique d'Alep. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme a également annoncé que les combats s'étaient propagés mardi à de nouveaux quartiers de cette ville située près de la frontière turque.

Dans la ville de Tal Rafaat, aussi près de la frontière turque, des bombardements ont provoqué la fuite de nombreux civils en Turquie, selon des militants de l'opposition.

Sur le plan diplomatique, un haut responsable iranien, Saïd Jalili, a rencontré le président syrien mardi à Damas, selon l'agence de presse officielle syrienne SANA. La télévision publique a montré une image de Bachar el-Assad assis à côté de Saïd Jalili au palais présidentiel.

Le président syrien a affirmé que le peuple et le gouvernement syriens étaient «résolus à nettoyer le pays des terroristes et à combattre le terrorisme sans complaisance», d'après SANA.

Toujours selon l'agence de presse syrienne, Saïd Jalili et Bachar el-Assad ont parlé des relations de «coopération stratégique» entre leurs pays et «des tentatives de certains pays occidentaux et leurs alliés de soutenir le terrorisme» en Syrie.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, s'est par ailleurs rendu en Turquie pour parler de la Syrie et de la situation de plusieurs dizaines d'Iraniens enlevés près de Damas. L'ambassade d'Iran a précisé qu'il devait rencontrer son homologue turc Ahmet Davutoglu à Ankara.

Des rebelles syriens ont enlevé 48 Iraniens samedi près de Damas. Téhéran affirme qu'il s'agissait de pèlerins, mais leurs ravisseurs ont affirmé dimanche dans une vidéo qu'ils étaient en «mission de reconnaissance».

Le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé mardi que Téhéran tenait les États-Unis responsables de la vie des otages. Selon l'agence de presse officielle iranienne IRNA, l'Iran attend des autorités américaines qu'elles exercent leur influence pour obtenir la libération des otages iraniens.

Par ailleurs, un responsable du gouvernement turc a annoncé que 1328 réfugiés syriens avaient franchi la frontière pour se réfugier en Turquie mardi, soit près du double du nombre de réfugiés arrivés dans ce pays lundi. Au total, près de 48 000 Syriens ont trouvé refuge en Turquie depuis le début du conflit, en mars 2011.

«Nous nous attendons à un massacre à Alep. Le régime amène des renforts dans la ville parce qu'il considère que si Alep tombe, le régime va tomber», a confié un réfugié syrien en Turquie, qui s'est présenté sous le pseudonyme d'Abou Ahmad. Il a affirmé qu'il était en contact permanent avec des résidants se trouvant toujours à Alep.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué que les affrontements en Syrie avaient contraint les laboratoires pharmaceutiques du pays à arrêter leur production, entraînant une pénurie de médicaments.

Le porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic, a précisé que 90 pour cent des laboratoires syriens se trouvaient dans les provinces d'Alep, de Homs et de Damas, où les combats entre le gouvernement et les rebelles se sont intensifiés au cours des dernières semaines.

D'après M. Jasarevic, le ministère syrien de la Santé a également signalé la perte de 200 ambulances ces dernières semaines, certaines ayant été volées et d'autres perdues dans les combats.

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