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Pauline Marois accuse François Legault de vouloir discréditer la commission Charbonneau

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PAULINE MAROIS
PC

RIVIÈRE-DU-LOUP, Qc - La chef péquiste Pauline Marois sort les crocs. Après avoir esquivé les controverses et les affrontements avec ses adversaires, elle a retrouvé son «instinct de tueuse» qu'elle a si durement cherché à développer: elle a attaqué, mardi soir, la CAQ, qui fait plus souvent qu'à son tour les manchettes depuis le début de la campagne.

Dans un rassemblement militant à Rivière-du-Loup, elle a accusé le chef caquiste François Legault de vouloir «discréditer» la commission Charbonneau, «l'instrument principal de lutte à la corruption libérale».

Elle réagissait ainsi aux propos de M. Legault et de son nouveau bras droit qui prend beaucoup de place, Jacques Duchesneau, l'ancien patron de l'unité anticollusion. Plus tôt en journée, M. Duchesneau a remis en cause l'impartialité de la commission Charbonneau, chargée d'enquêter sur les allégations de corruption et de collusion dans l'industrie de la construction et les liens avec le financement des partis politiques.

De son côté, François Legault en a rajouté: il critiqué sévèrement le travail de la commission, allant jusqu'à se demander si son procureur en chef, Sylvain Lussier, n'avait pas cherché à épargner le gouvernement lorsqu'il a interrogé Jacques Duchesneau.

Pauline Marois a sauté sur l'occasion pour retourner l'arme de l'intégrité vers le leader caquiste, qui après avoir largement bénéficié de «l'effet Duchesneau» pourrait bien souffrir d'avoir critiqué la commission, sur laquelle repose de grands espoirs. Elle laisse même entendre qu'il pourrait craindre les travaux de la commission.

«(François Legault) semble avoir peur de la commission Charbonneau», a-t-elle lancé devant un parterre d'environ 300 sympathisants réunis pour encourager les quatre candidats péquistes de la région.

«Le chef d'orchestre de la CAQ, M. Duchesneau s'est attaqué, hier (mardi), à la crédibilité de la commission Charbonneau. Aujourd'hui, c'est l'autre chef de la CAQ, lui-même, qui s'y est attaqué sur la place publique. En agissant ainsi, François Legault tente de discréditer l'instrument principal de lutte à la corruption libérale.»

Elle est allée encore plus loin, en remettant même en cause son jugement, voire son aptitude à diriger le Québec. «François Legault est en train de faire lui-même la démonstration qu'il n'a pas le jugement pour occuper les fonctions de premier ministre du Québec», a-t-elle ajouté, avant d'être applaudie.

Elle a enchaîné en faisant référence à celui qu'elle a connu comme collègue au conseil des ministres et dans la députation, à une certaine époque.

«Je vais vous dire je suis déçue de François Legault. Je ne reconnais plus le François Legault du Parti québécois qui plaidait avec rigueur et honnêteté. Le François Legault ancien, celui du Parti québécois a disparu, il a tout renié. Le François Legault nouveau ressemble comme deux gouttes d’eau au Jean Charest qui nous fait des promesses bidons élections après élections. Pour le changement, on repassera.»

Également, elle a affirmé que si Jean Charest a «peur de la rue», François Legault, lui, a «peur des régions», puisqu'elle soutient qu'il ne s'y montre pas souvent.

«C'est comme si les gens des régions n'existaient pas. Moi, je sais que vous existez, je vous vois, je vous entends, et surtout, je vous aime.»

Elle a notamment fait valoir que depuis 2008, elle est venue 26 fois dans le Bas-Saint-Laurent, 17 fois en Gaspésie, et plusieurs fois aux Îles-de-la-Madeleine.

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