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Mali: procès d'organisateurs d'une marche suivie de l'agression du président

07/08/2012 08:45 EDT | Actualisé 07/10/2012 05:12 EDT

Le procès de trois des organisateurs d'une manifestation qui avait abouti le 21 mai à l'agression brutale du président malien par intérim Dioncounda Traoré, s'est tenu mardi à Bamako et le verdict sera rendu le 28 août, a constaté un journaliste de l'AFP.

Hamadoun Amio Guindo, Younouss Hameye Dicko et Rokhia Sanogo, des responsables de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam) favorable aux militaires qui avaient renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré (ATT), sont accusés de "troubles graves à l'ordre public".

Devant quelque 150 personnes assistant à ce procès dans une salle pleine à craquer du palais de justice de Bamako, les trois accusés ont catégoriquement nié les faits qui leur sont reprochés.

L'avocat de la défense, Harouna Keita, a estimé qu'en appelant à manifester, les responsables de la Copam n'avaient eu "aucune volonté de troubler l'ordre public". Il a en conséquence demandé l'acquittement de ses clients.

Le procureur général, Sarambé Coulibaly, a lui réclamé de un à cinq ans de prison, peine qu'il a qualifiée de "sévère", mais conforme "à la loi".

Le 21 mai, à l'issue d'une marche dans les rues de Bamako de plusieurs milliers de personnes opposées au maintien au pouvoir du président par intérim Dioncounda Traoré - investi le 12 avril après le retrait des putschistes - des manifestants surexcités l'avaient attaqué dans son bureau à la présidence.

Molesté et laissé pour mort, M. Traoré, 7O ans, sérieusement blessé, était parti deux jours plus tard à Paris pour se faire soigner. Il y est resté en convalescence pendant deux mois avant de rentrer à Bamako le 27 juillet.

Dès son retour, il a pardonné à ses agresseurs et s'est attelé à la mise en place de nouveaux organes de transition et à la formation d'un gouvernement d'union nationale à laquelle il travaille encore.

Bien qu'ayant accepté de rendre le pouvoir aux civils, les putschistes dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo restent influents dans la capitale malienne où eux et leurs partisans sont accusés d'avoir commis de nombreuses exactions depuis plus de trois mois contre des personnalités et militaires proches du président ATT.

Le coup d'Etat du 22 mars a précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes armés alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) où ils ont commencé à appliquer la charia (loi islamique) et qu'ils veulent étendre à tout le pays.

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