NOUVELLES

JO-2012: Israël a retenu son souffle pour Korsiz

07/08/2012 03:04 EDT | Actualisé 07/10/2012 05:12 EDT

Loin des côtes anglaises où la championne israélienne de planche à voile Lee-El Korsiz tentait d'arracher la première médaille pour son pays aux JO, un groupe de jeunes israéliens agglutinés autour d'un écran vidéo de son club nautique ont retenu mardi leur souffle.

Dans un modeste bâtiment d'un minuscule port, ces supporteurs espéraient que l'idole du Centre nautique de Mikhmoret, qui a remporté à deux reprises les championnats du monde, allait être à la hauteur de sa réputation et de son palmarès.

"C'est une championne que j'admire vraiment", s'exclame Yuval Sivan, 12 ans. "Cela ne fait aucune différence qu'elle soit une fille. Je veux qu'elle soit au plus niveau", ajoute-t-il.

Du petit village de Mikhomoret situé à une quarantaine de km au nord de Tel-Aviv jusqu'aux JO en Grande-Bretagne, c'est un long et périlleux parcours qu'a effectué Korsiz, 28 ans.

Roi Bensler, un responsable du centre où elle a commencé et poursuit sa carrière, raconte qu'elle a failli mourir dans un accident lors d'une compétition à Hawaï.

"Une vague l'a renversée et quelqu'un l'a heurtée. Elle a été transportée au service d'urgence où elle est restée pendant plusieurs jours et était reliée à un appareil respiratoire. Mais elle s'en est tirée", ajoute-t-il.

L'an dernier, lors des championnats d'Europe, elle est tombée à l'eau.

Selon les médias, un entraîneur français a vu qu'elle était inconsciente sous l'eau et a réussi à la sauver.

Yéhuda Sivan, le père de Yuval, un ami de la famille Korziz se souvient qu'enfant elle était "bonne" dans tous les sports et qu'elle "battait les garçons au judo grâce à un mental extraordinaire".

Mais elle a choisi la planche à voile.

En son honneur, des drapeaux israéliens ont été hissés à l'entrée du club tandis qu'une banderole proclamait: "Londres t'attend, Lee".

Lorsque la course a commencé et que sa planche à une voile est apparue, tous les spectateurs se sont levés en criant, applaudissant et sifflant d'enthousiasme.

Mais l'euphorie a été de courte durée. Très vite, il est apparu qu'elle avait manqué sa course. Un lourd silence s'est alors abattu.

Celle qui était considérée comme une des rare chance de médaille pour Israël a perdu pied. Pour la première fois depuis les JO de Séoul de 1988, l'ensemble de la délégation israélienne risque de revenir bredouille, ont déploré les médias.

Mais Amit Inbar, un autre spécialiste de la planche à voile, qui a participé aux JO de Sidney et Barcelone, brise le malaise et la déception en demandant aux enfants d'applaudir Lee "pour sa réussite énorme". Il est aussitôt obéi.

"Il est plus difficile de regarder cela que de prendre part à la compétition", ajoute Amit Inbar, 39 ans, directeur d'une école de planche à voile.

"J'étais au bord des larmes, je ne veux pas imaginer ce qu'elle a vécu", relève-t-il.

scw/jlr/vl/jmt

PLUS:afp