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JO-2012 - En gymnastique, la Chine ne gouverne plus son monde

07/08/2012 04:43 EDT | Actualisé 07/10/2012 05:12 EDT

Si la Chine a doublé son total d'or en clôture avec deux titres de plus mardi, la gymnastique artistique s'est mise à l'heure de la mondialisation aux JO de Londres, où plusieurs nations se sont trouvées un champion à l'image des Pays-Bas et leur as de la barre fixe, Epke Zonderland.

Le petit bout de chou Deng Linlin, qui a su garder le fil à la poutre, et Feng Zhe, aux barres parallèles, ont permis à la Chine de rester en tête au classement des nations, avec ses quatre médailles d'or sur les 14 en jeu, bien loin des neuf de Pékin où l'hymne chinois avait alors tourné quasiment en boucle chez les messieurs.

L'Américaine Gabrielle Douglas a eu beau être la petite reine des Jeux avec ses titres au général et par équipes, c'est sa compatriote Alexandra Raisman qui a eu l'honneur de clôturer le bal doré.

Après ses malheurs au concours général, où elle avait été éjectée au pied du podium, victime des règles départageant les cas d'égalité, Raisman a dû porter réclamation pour pouvoir se hisser sur la troisième marche du podium à la poutre.

Puis l'Américaine de 18 ans a écrasé la finale du sol sur la musique juive "Hava Nagila". "Je suis si contente d'avoir eu la médaille que je voulais. C'est le meilleur mouvement que je n'ai jamais fait", a souligné Raisman, qui a fait preuve toute la quinzaine d'une grande dignité.

L'adolescente a torturé sans le vouloir par deux fois la déesse roumaine Catalina Ponor, la triple championne olympique d'Athènes en 2004: d'abord en la faisant tomber du podium à la poutre, puis en lui soufflant le titre au sol.

La Roumaine, qui était sortie de sa retraite après quatre ans en 2011 dans l'espoir de regoûter à la gloire olympique à 25 ans, a fondu en larmes.

"Je vais prendre ma retraite sans regret. J'ai travaillé chaque seconde pour mon équipe, pour moi-même, pour tout le monde. Je suis déjà championne olympique. Je peux partir la tête haute", a estimé Ponor, qui a ajouté à sa collection deux médailles durant ses Jeux, une de bronze avec l'équipe, et une d'argent au sol.

Mais le plus beau spectacle a eu lieu à la barre fixe, où la finale a viré à la surenchère entre trois ténors déjà bien identifiés lors des précédents Mondiaux: le Néerlandais Epke Zonderland, l'Allemand Fabian Hambuchen et le Chinois Zou Kai, tenant du titre olympique et mondial.

Zou Kai, le premier des trois à virevolter autour de la barre, fut magnifique (16,366 pts). Hambuchen, le champion du monde 2007, fut phénoménal (16,400). Et Zonderland tout simplement exceptionnel (16,533).

Avec son enchaînement inédit de trois lâchers successifs avec des figures acrobatiques, qu'il avait bien en main, le Hollandais volant a entraîné la salle dans un concert de "ohhhh" et de "aahhhh" pendant une minute.

"C'était un petit combat de pouvoir réaliser cet exercice et je suis vraiment heureux d'avoir réussi à le passer", a avancé Zonderland.

A 26 ans, le fabuleux rouquin apporte aux Pays-Bays leur tout premier titre olympique de la gymnastique dite moderne: "C'est déjà assez unique d'être en finale olympique quand vous êtes néerlandais, alors gagner l'or c'est bizarre!"

stp/sg

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