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Hillary Clinton veut pousser l'Afrique du Sud à jouer un rôle régional

07/08/2012 06:59 EDT | Actualisé 07/10/2012 05:12 EDT

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé mardi l'Afrique du Sud à jouer pleinement son rôle sur la scène africaine et internationale, tout en reconnaissant certaines divergences de vues entre les deux pays, lors d'une visite officielle à Pretoria.

D'autre part, la chef de la diplomatie américaine a affirmé que les Etats-Unis cherchaient à hâter la transition politique en Syrie, évoquant même "le jour qui suivra la chute du régime" de Damas.

Avec son homologue sud-africaine Maite Nkoana-Mashabane, Mme Clinton a essentiellement évoqué la relation bilatérale, et le renforcement du partenariat entre Washington et Pretoria. "L'Afrique du Sud à tant à offrir au reste du monde!", a-t-elle lancé.

Depuis le début de son périple en Afrique le 31 juillet, la secrétaire d'Etat est porteuse de la feuille de route pour le développement de l'Afrique dévoilée en juin par le président américain Barack Obama.

Il s'agit de "stimuler la croissance et les échanges, promouvoir la paix et la sécurité régionale et consolider les institutions démocratiques", Washington espérant nouer des "partenariats plutôt que des relations de patronage" avec des pays d'Afrique de plus en plus attirés par l'orbite chinoise.

Interrogé sur la rébellion en cours en République démocratique du Congo, Mme Clinton en a profité pour exhorter le Rwanda à ne pas soutenir les rebelles du M23, qui terrorisent les populations de l'est du pays.

"Nous soutenons les efforts de la RD Congo et nous exhortons tous les Etats de la région, y compris le Rwanda, à travailler ensemble pour tarir le soutien aux rebelles du M23, pour les désarmer et pour traduire leurs leaders devant la justice", a déclaré Mme Clinton en réponse à une question.

Son interlocutrice sud-africaine a souligné que son pays "(continuerait) à chercher des solutions africaines aux problèmes africains", se lançant dans un plaidoyer pour un renforcement du rôle de la Commission de l'Union africaine (UA) à la tête de laquelle vient d'être élue la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, ex-femme du président Jacob Zuma.

Mme Nkoana-Mashabane assuré que "l'Afrique du Sud considère les Etats-Unis comme un acteur important pour les relations Nord-Sud", et plaidé pour que les deux "partenaires fassent plus pour la stabilité, la sécurité, la croissance économique et le développement de l'Afrique".

"Il y a des questions difficiles que nous devons affronter ensemble, a cependant noté la chef de la diplomatie américaine, depuis la prolifération nucléaire jusqu'au changement climatique, en passant par les questions de sécurité, la situation en RD Congo ou en Syrie".

"Nous ne sommes pas toujours sur la même longueur d'onde. Je ne crois pas que les gens le soient toujours, et certainement pas deux nations. Parfois nous aurons des désaccords, comme cela arrive à des amis", a encore dit Mme Clinton.

L'Afrique du Sud, qui partage globalement les objectifs de la diplomatie occidentale, s'est parfois opposée sur les moyens.

Pretoria avait notamment déploré l'aide militaire directe de l'Otan à l'opposition libyenne, plaidant jusqu'au bout pour l'organisation d'un dialogue national incluant les forces pro-Kadhafi.

Plus récemment, l'Afrique du Sud s'est abstenue de voter une résolution proposée par les Européens et les Américains menaçant la Syrie de sanctions.

Mme Clinton a répondu à une question sur la situation en Syrie, pour affirmer que les Etats-Unis cherchaient un moyen de hâter la fin des combats et le processus de transition politique.

"Nous devons nous assurer que nous travaillons bien avec la communauté internationale pour que ce jour arrive. (...) Nous pouvons commencer à parler de ce qui va se passer ensuite, le jour qui suivra la chute du régime. Je sais que cela va arriver!", a-t-elle insisté, relevant que "l'opposition devient de plus en plus organisée et efficace".

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