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Legault fait la cour aux familles moyennes et promet des réductions d'impôt

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SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU, Qc - Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a promis mardi que les contribuables toucheraient une partie des dividendes du «grand ménage» qu'il entend faire au gouvernement, mais son plan est apparu mal ficelé.

«Je reviens en politique pour faire le ménage au Québec, a déclaré M. Legault en conférence de presse à Saint-Jean-sur-Richelieu. On veut faire le ménage dans la corruption, ça va nous rapporter de l'argent. On veut faire le ménage dans la bureaucratie, ça va rapporter de l'argent. De ces économies, il y en a une partie qui va aller dans les services directs, surtout dans les écoles (...), et une autre qui va aller dans les poches des contribuables.»

Le chef caquiste veut abolir, sur deux ans, la contribution santé de 200 $ par année pour les familles gagnant moins de 100 000 $ par année, qualifiant cette taxe d'«inéquitable» et d'«inefficace». Il s'agit d'une volte-face: cet hiver, la CAQ disait vouloir maintenir la contribution santé en la modulant selon les revenus.

La CAQ réduirait ensuite de 200 $ par année, pendant trois ans, l'impôt des ménages dont les revenus annuels sont de moins de 100 000 $. La réduction du fardeau fiscal totaliserait donc 1000 $ par année au bout de cinq ans.

Curieusement, la proposition de la CAQ s'appliquerait aussi à des contribuables qui ne font pas vraiment partie de la classe moyenne, soit les célibataires qui gagnent jusqu'à 100 000 $ par année. Ceux-ci verraient leur fardeau baisser de 100 $ par année pendant cinq ans.

Interrogé par les journalistes, le bras droit de François Legault, Martin Koskinen, a dû reconnaître que la proposition nécessitait encore des «aménagements», notamment pour les mères monoparentales. Il a évoqué le besoin d'obtenir des détails auprès du ministère des Finances après la tenue des élections.

Lors d'un point de presse tenu en après-midi, M. Legault a soutenu qu'il s'agissait là de simples questions de «mécanique».

Où trouver l'argent?

Le chef caquiste s'est aussi montré vague sur la façon de financer cet engagement qu'il évalue à 1,8 milliard $ sur cinq ans. Plus de précisions doivent être communiquées lors de la présentation du cadre financier de la CAQ, dans quelques jours.

Il reste qu'une partie du plan de la CAQ repose sur une inconnue de taille: l'ampleur des économies qui pourraient découler de la lutte à la corruption.

Le seul ordre de grandeur connu jusqu'à maintenant, ce sont les économies de 347 millions $ que le candidat vedette Jacques Duchesneau dit avoir permis de faire réaliser au ministère des Transports grâce au rapport de l'Unité anticollusion, qu'il a dirigée en 2010 et en 2011.

La CAQ prévoit aussi financer ses promesses en éliminant les commissions scolaires et les agences de la santé, en réduisant les coûts des médicaments ainsi qu'en sabrant dans les dépenses administratives d'Hydro-Québec.

«Ne vous inquiétez pas, moi je suis comptable agréé, ça va 'balancer', a martelé M. Legault. On va vous expliquer exactement, dans les colonnes de revenus et de dépenses, comment on va arriver à respecter notre cadre financier et les engagements qu'on prend.»

La CAQ prévoit abolir quelque 7000 postes dans la fonction publique et dans les sociétés d'État, notamment par le biais de départs volontaires.

«Créer de la richesse au Québec, ça ne passe pas par créer des postes dans la fonction publique, surtout quand on s'endette pour le faire», a affirmé M. Legault.

Le Syndicat de la fonction publique du Québec n'a pas tardé à réagir, prétendant que les suppressions de postes allaient entraîner «une amplification de la corruption dans la sphère publique». L'organisation a fait un parallèle entre la promesse caquiste et l'augmentation de la sous-traitance au ministère des Transports, qui s'est traduite par des problèmes graves dans l'octroi des contrats.

François Legault a rétorqué qu'au contraire, l'abolition de postes dans les commissions scolaires, dans les agences de la santé et à Hydro-Québec allait permettre d'embaucher plus de personnel pour les fonctions névralgiques.

À Sherbrooke, le chef libéral Jean Charest a estimé qu'il serait irresponsable pour les finances publiques de baisser les impôts.

«Non seulement ce n'est pas crédible, mais c'est totalement irresponsable, a-t-il accusé. Nous devons revenir à l'équilibre budgétaire.»

La CAQ assure que si elle est élue, l'élimination du déficit sera chose faite l'an prochain, comme le prévoit le gouvernement libéral.

«J'aimerais bien qu'il nous dise d'où va venir cet argent, parce que quant à moi, ça va finir par être de l'argent de Monopoly», a quant à elle lancé la chef du Parti québécois, Pauline Marois.

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