MONTRÉAL _ Une entente de principe est intervenue entre les directions des collèges québécois touchés par le conflit étudiant et les professeurs qui y travaillent.

L'entente dévoilée mardi prévoit que près de 200 nouveaux professeurs seront embauchés de façon ponctuelle à compter du 13 août, juste à temps pour la reprise hâtive des cours.

Ces ressources enseignantes s'ajouteront à l'enseignement régulier pour l'année scolaire 2012-2013 et ne travailleront qu'auprès des étudiants. Une rémunération pour les samedis de disponibilité et les jours de correction leur sera accordée.

La majorité des effectifs entrera toutefois en poste en octobre seulement, pour le début de la session d'automne.

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, reconnaît que la prochaine année scolaire présentera des défis particuliers pour tout le réseau collégial. Elle mise sur cette entente pour assurer la délivrance des services éducatifs.

"L'appui additionnel que nous allons donner aux enseignantes et enseignants permettra d'assurer un meilleur encadrement aux étudiantes et étudiants", a déclaré la ministre.

Les enseignants seront répartis entre les collèges, puis, entre les disciplines enseignées dans chacun des établissements, alors que se chevaucheront de très près les sessions incomplètes de l'hiver et les nouvelles sessions de la rentrée 2012.

La Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec (FNEEQ) estime pour sa part que l'objectif est d'accroître l'encadrement des étudiants afin de maximiser la réussite scolaire et éviter des diplômes à rabais.

La réussite est une question abordée de front par Micheline Thibodeau, vice-présidente de la FNEEQ. Selon elle, si la réussite d'un étudiant est fixée entre 60 et 100 pour cent, elle favorise un scénario qui ferait en sorte de permettre des notes supérieures afin d'éviter un taux de "réussite minimale".

Cette entente concerne 13 des 14 cégeps qui ont dû interrompre la session d'hiver 2012. Le Comité patronal de négociation des collèges (CPNC) et la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) du Collège de Bois-de-Boulogne ont conclu une entente distincte.

À Sherbrooke, le premier ministre Jean Charest a affirmé que cette entente montre que son gouvernement est en mesure de s'entendre avec les forces en présence. Il a ajouté que personne n'avait pu prévoir l'orientation qu'a pris le conflit étudiant.

"Si on est capable de s'entendre avec les représentants syndicaux, ont doit être capable de s'entendre avec tout le monde normalement. Ça n'a pas été le cas le printemps dernier", a affirmé M. Charest.

Le chef libéral a par ailleurs insisté que le mouvement étudiant doit être perçu comme un boycott des cours et non une grève.

"Ça n'a jamais été une grève. Il faut employer les bons mots. Nous ne sommes pas les employeurs des étudiants, les étudiants ne sont pas nos employés. C'est un boycott", a-t-il indiqué.

Les votes étudiants ont commencé

Pendant que la FNEEQ et le gouvernement se disent satisfaits de l'entente conclue avec les professeurs, les étudiants ont amorcé leurs consultations afin de sonder leurs membres sur le maintien, ou non, des moyens de pression.

Le moment de célébration pourrait donc être de courte durée et sera tributaire de ce que décideront les étudiants en assemblées générales.

"Cette entente n'a rien à voir et est tout à fait différente de ce que les étudiants vont décider. L'entente s'applique si les étudiants entrent au collège. Oui, les enseignants sont inquiets", précisé Mme Thibodeau.

La première association à se prononcer a été celle des étudiants en service social de l'Université de Montréal. Lundi soir, 61 personnes se sont présentées sur les 638 membres que compte l'association, ce qui représente un taux de participation de 9,6 pour cent. Des votants présents, 33 étaient en faveur de la grève contre 26 membres opposés. Il y a eu deux abstentions.

Questionnée sur la représentativité d'un tel taux de participation, Mme Thibobeau de la FNEEQ a précisé n'avoir pas de malaise avec une telle situation, dans la mesure où les règles étudiantes ont été respectées.

"Pour moi, ce qui est important, c'est que les règles que se donnent les associations soient respectées. Syndicalement nous avons aussi nos règles de fonctionnement et de quorum. En autant que tout ça est respecté, on n'a pas à juger de leurs règles de fonctionnement", a affirmé Mme Thibodeau.

Des votes se dérouleront de manière intensive dans les prochains jours, y compris le samedi. Le calendrier des votes des étudiants affiliés à la CLASSE est détaillé sur le site Bloquonslahausse. L'entête du site indique en grosses lettres "La lutte continue".