NOUVELLES

Après les JO, les nageurs croient qu'il est temps de créer un circuit mondial

07/08/2012 07:28 EDT | Actualisé 07/10/2012 05:12 EDT

LONDRES - Michael Phelps a toujours parlé de changer la natation. Il a certainement contribué à la rendre plus excitante en récoltant plus de médailles olympiques que tout autre athlète dans l'histoire. Mais où s'en va le sport maintenant que sa plus grande vedette prend sa retraite.

La natation ne dispose pas d'un circuit mondial, de sorte que les Jeux olympiques constituent la principale occasion que ses athlètes ont d'attirer l'attention. Certains des meilleurs compétiteurs estiment que c'est l'occasion idéale pour capitaliser sur les succès de Phelps et de l'intérêt généré par les jeux.

«C'est difficile pour les nageurs, tout simplement parce que c'est à tous les quatre ans que nous avons vraiment l'occasion de briller, a confié le rival américain de Phelps, Ryan Lochte. (Un circuit permanent) est ce que nous avons besoin si nous voulons rendre le sport plus populaire qu'il est ou qu'il était.»

Entre les Jeux olympiques et les championnats du monde à tous les deux ans, les nageurs participent à un méli-mélo de compétitions internationales comme les championnats pan-pacifiques, les Jeux asiatiques, les Jeux panaméricains, les championnats européens et les Jeux du Commonwealth.

«Le calendrier est tellement rempli qu'il est impossible pour les entraîneurs de comprendre comment tenir compte des priorités de préparation et des obligations des athlètes», a noté Cornel Marculescu, directeur exécutif de la natation auprès de la FINA.

Ce qui ressemble le plus à une saison internationale régulière est la série de la Coupe du monde — huit réunions en six semaines à partir d'octobre avec des arrêts à Dubai, Doha, Stockholm, Moscou, Berlin, Pékin, Tokyo et Singapour.

Ce circuit fait pale figure en comparaison des Coupes du monde dans les sports d'hiver comme le ski alpin, ou même la Ligue du diamant en athlétisme. Ce circuit se déroule en petit bassin, la moitié de la longueur d'une piscine olympique, et peine à attirer les meilleurs athlètes.

L'an dernier, Phelps a pris part à seulement deux Coupes du monde, tandis que Lochte n'y a jamais participé. Les Américains préfèrent généralement disputer les Grands Prix aux États-Unis mais, dans ces compétitions, ils ne cherchent pas nécessairement à gagner la course.

À un Grand Prix disputé à Charlotte, en Caroline du Nord, en mai, Nick Thoman a nagé avec une barbe, Phelps n'avait pas le visage et le corps rasé, tandis que Lochte portait un maillot de bain. Rien à voir avec l'apparence et la tenue de mise à Londres, où les nageurs étaient rasés et portaient les dernières combinaisons de course.

Pourquoi une telle approche pour ces compétitions? Parce que la natation est un sport axé sur l'entraînement et, pour de nombreux pays, les Jeux olympiques sont tout ce qui compte vraiment.

«La natation n'est pas le cyclisme ou le tennis où vous passez d'un circuit à l'autre. Il faut beaucoup de temps pour se préparer à un moment très court et c'est la nature du sport», a noté l'entraîneur-chef australien Leigh Nugent.

Des compétitions plus relevées pourraient changer la manière dont les athlètes abordent l'entraînement. Beaucoup de nageurs olympiques s'entraînent sans arrêt pendant deux, trois ou quatre ans avant le jeux, avec des séances d'entraînement quotidiennes où ils nagent jusqu'à 15 kilomètres. Cela peut s'avérer payant pour le meilleur, mais la plupart des quelques 1000 nageurs qui participent aux Olympiques rentrent à la maison sans médaille.

Il y a aussi l'inquiétude qu'un plus grand nombre de compétitions diminueraient le nombre de records du monde lors du rendez-vous olympique, car il est impossible de s'entraîner pour atteindre ce niveau de performance tout le temps.

«Je dis qu'il faut simplement apprécier les grandes courses. On ne doit pas nécessairement avoir un record du monde», a déclaré le brasseur américain Eric Shanteau, un survivant du cancer qui a remporté une médaille d'or avec le relais 4 x 100m mètres quatre nages.

«C'est assez intéressant de voir comment nous nous entraînons et comment nous disputons nos courses au cours de ces années, non seulement la performance que nous offrons aux Jeux olympiques.»

Les commandites jouent également un rôle. Les bourses lors d'une Coupe du monde s'élèvent à 1000 $ pour le vainqueur, 500 $ pour la deuxième place et 250 $ pour la troisième. Les meneurs au classement général chez les hommes et les dames touchent 100 000 $ chacun.

Le Sud-Africain Cameron van der Burgh, qui a établi un record du monde pour gagner le 100m brasse à ces Jeux, a suggéré de permettre aux nageurs d'afficher des commandites personnelles sur leur casque. Cela n'est pas permis en ce moment, mais ce parrainage est commun dans d'autres sports comme le ski.

«La plupart des parraineurs disent 'nous serions ravis de vous commanditer, mais comment allons-nous obtenir la visibilité?', a-t-il noté. Vous ne pouvez pas dire, 'OK quand je termine et gagne la course et qu'ils prennent ma photo, je vais mettre votre logo. C'est ce qui freine les gens.»

Les entraîneurs ont rencontré la FINA, dimanche, pour discuter des changements possibles à la Coupe du monde.

Si la Coupe du monde est présentement tenue exclusivement en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, il n'y a pas si longtemps, il y avait aussi des arrêts à New York et Sydney. L'un des problèmes pour les organisateurs est de trouver des piscines avec suffisamment de sièges pour accueillir de grands événements. Aux États-Unis, les essais olympiques, qui attirent des milliers de spectateurs, sont tenus dans une piscine temporaire.

«Le circuit de la Coupe du monde n'est pas une mauvaise chose, a commenté le chef de la direction de Natation Canada, Pierre Lafontaine. Nous devons trouver un moyen de la rendre plus excitante, peut-être avec des rencontres régionales et les gagnants se retrouvant dans une super série et ainsi de suite.»

PLUS:pc