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Wade Michael Page, ex-soldat, musicien skinhead et militant du pouvoir blanc

06/08/2012 03:25 EDT | Actualisé 06/10/2012 05:12 EDT

Le crâne rasé sur un visage poupin, les bras surchargés de tatouages gothiques, Wade Michael Page, 40 ans, ex-militaire, musicien skinhead néonazi et auteur présumé du massacre dans un temple sikh dimanche, avait des liens avec les groupuscules racistes, toujours actifs aux Etats-Unis.

La photo du tireur présumé était publiée lundi par de nombreux sites web et médias: un homme plutôt grand, un peu gras, le crâne rasé et portant barbiche, que l'on voit sur certains documents non datés jouant de la guitare devant ce qui semble être un drapeau nazi.

Le FBI a annoncé "étudier les liens (du tireur) avec les groupes prônant la suprématie de la race blanche".

Le Southern Poverty Law Center (SPLC), un institut de recherches réputé qui étudie et lutte contre le racisme, était lundi plus précis sur son site internet. Page était un "néo-nazi exaspéré qui avait dirigé un groupe (de musique) raciste exaltant le pouvoir blanc", écrit-il.

L'homme avait fondé en 2005 le groupe de musique "End Apathy" ("En finir avec l'apathie") mais il faisait partie de la scène musicale exaltant la suprématie blanche depuis 2000, ce qui semble coïncider avec la fin de sa période militaire, de 1992 à 1998.

Il avait également joué dans le groupe "Definite Hate" ("Haine Définitive") dont une couverture d'album montre un bras blanc frappant un visage noir et les initiales HFFH (Hammerskins Forever, Forever Hammerskins). Hammerskins est une organisation qui a "un temps dominé le mouvement skinhead raciste aux Etats-Unis", ajoute le SPLC.

Selon SITE Intelligence group, qui surveille sur le net les groupes terroristes, Page était un membre "en vue" de Hammerskins, à qui l'on envoyait les jeunes recrues. Il y a quelques mois sur les forums de discussion d'un site ouvertement raciste Crew38, il appelait "à l'action, quelle qu'en soit l'issue", indique SITE. L'homme terminait ses messages par le sigle néonazi 88 (pour Heil Hitler).

Dans une interview donnée en 2010 à un site d'édition musicale néonazie, publiée par le SPLC, le tireur présumé expliquait le nom de son groupe par l'envie de "trouver comment en finir avec l'apathie des gens".

L'homme parlait de ses influences musicales - punk, métal - un peu de sa vie --il était originaire du Colorado et avait parcouru le pays en moto de festival en festival-- et évoquait une "société malade" et "la vie humaine dégradée par la soumission à la tyrannie et l'hypocrisie".

Sur sa page myspace.com, "End Apathy" avait publié des photos de ses trois membres, tous abondamment tatoués et jouant quelquefois sous ce qui paraît être un drapeau nazi, ou des bannières portant dessins d'aigle impérial et croix celtiques.

L'ancien soldat faisait partie de cette nébuleuse d'organisations racistes et extrêmistes dont le nombre, selon le SPLC, "a augmenté de 69%" depuis 2000.

Pour 2011, le centre a recensé 1.018 groupes extrêmistes "haineux" actifs, -- pour la plupart blancs, mais qui peuvent aussi rassembler des militants noirs ou juifs -- qui organisent meetings ou marches, publient ou sont impliqués dans des actes criminels.

Ils se partagent entre néonazis, skinheads racistes, néo-confédérés, anti-homosexuels, milices, etc, avec des noms tels que "Sang et Honneur", "Alliance Nationale", "Mouvement National socialiste", "Nations aryennes" ou "Les Chevaliers du Ku-Klux-Klan".

Pour expliquer cette progression spectaculaire, le centre évoque "la colère et la peur devant une économie malade, l'arrivée d'immigrés non-blancs, la population blanche en baisse, symbolisée par l'élection du premier président noir américain", Barack Obama.

Selon la police, Wade Michael Page a tué dimanche six personnes dans un temple sikh d'Oak Creek, dans la banlieue de Milwaukee (Wisconsin, nord), avant d'être lui-même abattu par un policier.

ff/bdx

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